Cathie Wood dans sa dernière lettre d’anticipation pour 2026 propose une perspective macroéconomique unique. Elle pense que, malgré la croissance apparente du PIB américain ces dernières années, l’économie réelle (comme le marché immobilier, l’industrie manufacturière) a connu une « récession en rotation ». Elle compare l’économie américaine actuelle à un « ressort tendu (Coiled Spring) », qui, après des hausses de taux extrêmes et des ajustements de stocks, se prépare à rebondir vigoureusement. Wood prévoit qu’avec la déréglementation, les incitations fiscales et la explosion de productivité apportée par l’innovation technologique, l’inflation continuera de diminuer, voire pourrait entraîner une pression déflationniste, ce qui obligera la Réserve fédérale à continuer de baisser ses taux, stimulant ainsi une nouvelle phase d’expansion économique.
Récession en rotation et effet de « ressort tendu »
Cathie Wood souligne que, bien que le PIB global des États-Unis ait été impressionnant ces trois dernières années, la structure économique sous-jacente reste très fragile. En raison de la hausse agressive des taux par la Fed, passant de 0,25 % à 5,5 % en 16 mois, le marché immobilier, l’industrie manufacturière et les dépenses en capital hors intelligence artificielle sont en réalité en récession. Par exemple, les ventes de logements existants ont chuté de 40 % depuis janvier 2021, et l’indice PMI manufacturier est en contraction depuis trois ans.
Ce type de compression extrême crée un « effet de ressort tendu ». Une fois la pression politique relâchée (par exemple, une baisse des taux), la demande et l’investissement réprimés rebondiront rapidement. Wood voit cela comme un signe de retournement du cycle économique, et non comme le début d’une longue dépression.
Diminution de l’inflation et dividendes politiques : déréglementation et réforme fiscale
Le rapport met en avant que la pression inflationniste diminue rapidement, et que dans les années à venir, un risque de déflation pourrait apparaître. Outre la baisse des prix du pétrole et la correction des prix de l’immobilier, les changements politiques seront le moteur clé de 2026.
Grâce à la déréglementation, à la réduction des impôts, à l’inflation et aux taux d’intérêt, la récession persistante des dernières années aux États-Unis pourrait s’inverser rapidement et violemment dans l’année à venir et au-delà. La déréglementation libère une vitalité innovante dans tous les secteurs, notamment dans l’intelligence artificielle et la cryptomonnaie, où David Sacks, le « tsar » de l’IA et des actifs numériques, joue un rôle de premier plan. Par ailleurs, la réduction des pourboires, des heures supplémentaires et des taxes de sécurité sociale permettra aux consommateurs américains de bénéficier de remboursements d’impôts substantiels ce trimestre, ce qui pourrait faire passer le taux de croissance annuel du revenu disponible réel de 2 % au second semestre 2025 à environ 8,3 % ce trimestre. De plus, la dépréciation accélérée des installations, équipements, logiciels et R&D domestiques réduira efficacement le taux d’imposition des entreprises à environ 10 %, ce qui devrait entraîner une croissance significative des remboursements d’impôts pour les entreprises, ce taux étant l’un des plus bas au monde. Par exemple, toute entreprise construisant une usine aux États-Unis avant la fin 2028 pourra déduire intégralement la première année, sans amortissement sur 30 à 40 ans comme auparavant. Les investissements en équipements, logiciels et R&D domestique bénéficieront également d’une déduction de 100 % la première année. Cette politique de flux de trésorerie a été inscrite de façon permanente dans le budget de l’année dernière, avec effet rétroactif au 1er janvier 2025.
Supercycle de productivité technologique
ARK Invest maintient son argument central : nous sommes en pleine fusion de cinq grandes plateformes d’innovation (IA, robotique, stockage d’énergie, blockchain, multi-corps). Cela ne créera pas de bulle, mais stimulera une croissance de productivité sans précédent.
Données clés : la croissance de la productivité non agricole devrait s’accélérer à 4-6 % (contre environ 1,9 %) ; le coût de formation de l’IA diminue de 75 % par an.
Risques et opportunités : à court terme, une productivité élevée pourrait freiner la croissance de l’emploi, avec un taux de chômage pouvant dépasser 5,0 %, confirmant la voie de baisse des taux de la Fed. Cependant, à long terme, cela entraînera une croissance rapide du PIB nominal de 6-8 %, tout en augmentant le pouvoir d’achat réel du grand public grâce à la déflation technologique.
Bitcoin comme option d’investissement diversifiée
Le rapport indique qu’historiquement, le prix de l’or a atteint des niveaux très élevés. Pour les gestionnaires d’actifs, un autre facteur important est que le rendement du bitcoin est moins corrélé à celui de l’or, ainsi qu’aux autres principales classes d’actifs depuis 2020. Comme le montre le tableau ci-dessous, la corrélation entre le bitcoin et l’or est même inférieure à celle entre le S&P 500 et les obligations. En d’autres termes, pour les investisseurs cherchant à obtenir un rendement plus élevé avec un risque accru dans les années à venir, le bitcoin devrait être une option de diversification intéressante.
Bien que le rapport ne mentionne pas de cible de prix spécifique pour 2026, dans une mise à jour récente, ARK Invest a réduit son objectif de prix du bitcoin pour 2030 de 1,5 million de dollars à 1,2 million de dollars. La réduction ne reflète pas une vision pessimiste, mais plutôt la conviction que l’essor des stablecoins partagera une partie du marché du bitcoin en tant qu’outil de paiement, tout en maintenant la position du bitcoin comme réserve de valeur.
Cet article sur la perspective 2026 de Cathie Wood, la forte reprise de l’économie via un ressort tendu, et le bitcoin comme option de diversification, est initialement paru sur Chain News ABMedia.