Perspectives du marché des cryptomonnaies en 2026 : accueillir l'ère des « nouveaux barons du Web3 »

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Auteur : danny ; Source : X, @agintender

En 2023, le « Los Angeles Times » a à nouveau élu Indomie (Mien Diao) comme les nouilles instantanées les plus savoureuses au monde. Ce plat rapide provenant d’Indonésie n’a pas seulement conquis les palais de l’Afrique du Sud à Londres, mais est aussi devenu une partie intégrante de la culture populaire. Cependant, derrière chaque paquet de nouilles bon marché se cache une histoire palpitante d’accumulation primitive de capital, ainsi qu’une fable commerciale moderne sur le « pouvoir, le capital et le monopole ».

Introduction : de la meilleure nouille instantanée au monde

La société mère d’Indomie, Indofood, appartient au Salim Group. Son fondateur, Liem Sioe Liong, fut un temps l’homme le plus riche d’Asie. Né en 1916 à Fuqing, dans le Fujian en Chine, Liem Sioe Liong est arrivé en Indonésie en 1938 sous le prétexte de « vendre des porcelets ». Au début, il aidait dans l’épicerie de son oncle, puis, après avoir accumulé ses premiers capitaux, il se lança dans le commerce de clous de girofle et de cigarettes (attention, en réalité, Indomie a été « racheté » par Indofood).

Cukong est un terme particulier en Indonésie, désignant ces commerçants chinois qui financent des protecteurs politiques et militaires en échange de protection et de privilèges monopolistiques. La « divinité tutélaire » de Liem Sioe Liong était le lieutenant-colonel Suharto. Pendant la guerre d’indépendance indonésienne et les opérations militaires qui suivirent, Liem Sioe Liong n’hésita pas à risquer sa vie pour fournir des produits alimentaires, des médicaments et des vêtements à la 4e région militaire sous le commandement de Suharto, établissant ainsi une relation de confiance transcendant ethnies et religions, une véritable « fraternité de vie ou de mort ».

Lorsque Suharto prit le pouvoir en 1966 et établit le « Nouvel Ordre », Liem Sioe Liong devint naturellement l’un des moteurs économiques du régime, ou plus précisément, un proche du président. Peu après son accession au pouvoir, Suharto, afin de résoudre la crise alimentaire nationale, décida de faire passer la consommation du riz à celle des pâtes. Cependant, à cette époque, l’Indonésie manquait d’équipements de transformation, de canaux d’importation et de dollars américains, et cette lourde tâche revint à Liem Sioe Liong.

Suharto confia à Liem Sioe Liong le monopole exclusif de la transformation de la farine dans l’ouest de l’Indonésie. C’était une « ordonnance sacrée » d’une valeur inestimable, équivalent à une machine à imprimer de l’argent. Cependant, bien que Liem Sioe Liong ait obtenu un « permis politique » pour créer une entreprise en monopole, il manquait de deux choses essentielles : une expertise technique en fabrication industrielle et le capital colossal nécessaire à la construction de l’industrie lourde. Ce déficit en ressources prépara le terrain à sa rencontre avec Chen Bianchen.

Construire une usine de farine moderne — qui deviendra plus tard PT Bogasari Flour Mills — nécessitait des dizaines de millions de dollars. Même avec une directive présidentielle, Liem Sioe Liong chercha partout dans Jakarta et à l’Ouest, mais les banquiers en costume le regardaient avec méfiance, voyant ses actifs et passifs désespérément vides. Selon eux, il n’était qu’un spéculateur sans expérience industrielle ni garanties, et l’Indonésie n’était qu’un village de pêcheurs sans ressources.

Juste au moment où le projet Bogasari allait échouer, apparaissait Chen Bianchen, fondateur de la Bangkok Bank en Thaïlande.

En tant que parrain du capital du « bamboo network » en Asie du Sud-Est, Chen Bianchen possédait un sens aigu du marché. Au lieu de se concentrer sur les états financiers de Liem Sioe Liong comme le feraient les banques occidentales, il percevait la véritable nature de cette affaire : le soutien politique de Suharto était la garantie la plus solide. Chen Bianchen non seulement fournissait les fonds initiaux nécessaires à la construction de l’usine, mais utilisait aussi la crédibilité internationale de la Bangkok Bank pour émettre une lettre de crédit pour l’importation de blé à Liem Sioe Liong.

C’est le moment dont parle cet article — le « moment Chen Bianchen » — où le capital ne paie plus uniquement pour le passé (bilan, expérience du fondateur, secteur), mais mise sur la structure monopolistique et l’accès à la conjoncture.

Avec financement et technologie, Bogasari a rapidement monopolisé le marché indonésien de la farine. Le flux de trésorerie qui en a découlé a permis non seulement de faire naître plusieurs entreprises dominantes, mais aussi d’incorporer Indomie, la marque nationale, dans le patrimoine de Liem Sioe Liong, consolidant ainsi son empire commercial.

En 2026, l’industrie Web3 est en plein « moment Chen Bianchen ».

I. La jonction des siècles : la chaîne du « bamboo network » et la rencontre

La rencontre entre Chen Bianchen et Liem Sioe Liong est le fruit de la structure commerciale particulière qu’est le « bamboo network » en Asie du Sud-Est — deux hommes, par l’intermédiaire du « roi du sucre » malaisien Robert Kuok, ont tissé une grande saga commerciale (note : le « bamboo network » désigne un réseau informel de commerçants chinois basé sur le sang, la géographie et les liens professionnels, où réputation et confiance priment sur les contrats).

À la fin des années 1960, bien que Liem Sioe Liong détienne le monopole de la transformation de la farine accordé par Suharto, il ne connaissait rien à l’industrie moderne de la farine. Il avait un besoin urgent de partenaires techniques. Il commença par contacter Robert Kuok en Malaisie, déjà prospère dans la farine et le sucre. Kuok lui fournit non seulement des conseils techniques et des canaux, mais le mit aussi en relation avec Chen Bianchen.

Chen Bianchen, fier de connaître tous les acteurs clés de la région, suivait de près la situation. Lorsqu’il vit que Liem Sioe Liong agissait comme « agent » du nouveau président indonésien Suharto, il comprit immédiatement le modèle — qui rappelait ses propres relations avec un général thaïlandais.

Chen Bianchen savait que Suharto avait besoin d’un « agent économique » et que Liem Sioe Liong était tout désigné.

II. La fabrique de farine Bogasari : financer le « grenier à grains » d’un pays

Créée en 1971, PT Bogasari Flour Mills n’est pas seulement la société phare du Salim Group, mais aussi le premier et le plus crucial cas d’intervention stratégique de la Bangkok Bank en faveur de Liem Sioe Liong. Ce n’était pas qu’un simple crédit commercial, mais une extension de la carte géopolitique de l’Indonésie.

2.1 Contexte stratégique : le blé comme stabilisateur politique

Fin des années 1960, l’Indonésie dépend fortement des importations de riz, dont les prix fluctuaient énormément, menaçant la stabilité politique et épuisant les réserves en devises. Suharto voulait diversifier la nourriture en introduisant les produits à base de blé (nouilles, pain) pour réduire la dépendance au riz. À l’époque, le gouvernement américain aidait l’Indonésie via le programme PL-480 « Peace Grain », mais le pays manquait d’installations pour transformer le blé.

Dans ce contexte, Suharto confia à Liem Sioe Liong le monopole de la transformation du blé dans l’ouest de l’Indonésie (Java et Sumatra), représentant 80 % du marché.

2.2 Défis de financement et absence de banques occidentales

Construire l’un des plus grands moulins à farine du monde nécessitait des dizaines de millions de dollars. Or, même avec la directive présidentielle, il était presque impossible pour Liem Sioe Liong de rassembler cette somme rapidement.

Pour les banques occidentales, l’Indonésie était un pays à haut risque, tout juste sorti d’un coup d’État sanglant et en pleine crise économique. Liem Sioe Liong était considéré comme un simple « commerçant de clous de girofle », sans expérience de gestion ni historique de crédit, avec un bilan opaque et peu de garanties. Selon les standards classiques, ce prêt était impossible.

2.3 L’intervention de la Bangkok Bank

Tandis que d’autres hésitaient, Chen Bianchen a rapidement pris les choses en main. La Bangkok Bank a fourni les fonds d’amorçage et le fonds de roulement nécessaires pour la construction du complexe de Tanjung Priok à Jakarta, incluant Bogasari.

Ce n’était pas la crédibilité financière de Liem Sioe Liong qui était évaluée, mais la valeur du « franchise » Suharto. Chen comprenait que, grâce à la législation monopolistique (avec la Bulog, l’agence logistique nationale, autorisée à fournir du blé en exclusivité à Bogasari, qui le revendait après transformation), cette entreprise était une « imprimante à billets » tant que le régime restait en place.

Suharto décrivait souvent Bogasari comme un « tailleur » — le client (l’État) lui fournit la toile (blé), le tailleur coud le costume (farine) et perçoit ses honoraires. La Bangkok Bank a en réalité titrisé et décaissé ces flux de trésorerie garantis par le gouvernement. Chen Bianchen a vu dans ce modèle d’usine en monopole : la maîtrise des prix, la valeur ajoutée par la transformation, avec profit à la clé.

Outre le financement, Bogasari nécessitait d’importer d’outre-Atlantique et d’Australie des quantités énormes de blé. La Bangkok Bank, grâce à sa réputation internationale, a émis des lettres de crédit cruciales pour l’importation. Les fournisseurs occidentaux, peu confiants dans la nouvelle usine, faisaient confiance à la Bangkok Bank. En pratique, Chen Bianchen garantissait par son crédit bancaire l’importation de Liem Sioe Liong.

2.4 Succès opérationnel et accumulation primitive de capital

Avec le soutien de la Bangkok Bank, Bogasari est entré en production en 1971. Outre ses revenus de transformation, la vente de sous-produits (son de, farine de second choix) a généré des profits exceptionnels — selon l’accord, ces sous-produits appartenaient à Liem Sioe Liong pour la vente en animalerie. Ces flux de trésorerie ont permis à Salim Group d’étendre ses activités dans le ciment (Indocement) et la banque (BCA).

III. La reconstruction du paradigme : le « moment Chen Bianchen » dans le Web3

Si l’on transpose ce modèle à 2026 dans le Web3, que représente-t-il ?

  1. Marchandise (Commodity) : ce n’est pas important ce que c’est, mais qui pense que c’est important ? Dans les années 1970, c’était la farine (Suhrato aurait pu choisir autre chose), en 2026, cela peut être l’espace blockchain, la liquidité des stablecoins, la privacy, l’efficacité améliorée par l’IA, les RWA et d’autres domaines où les géants ont déjà leur influence et peuvent étendre avec leurs ressources existantes.
  2. Concession politique (le « backing ») : en Indonésie des années 1960, c’était l’ordre exécutif de Suharto, dans le Web3, ce sont les licences réglementaires et les « jetons d’allégeance ». La loi GENIUS aux USA, le règlement MiCA de l’UE, le protocole d’incubation Yzi, l’investissement de Coinbase Ventures, le soutien de BlackRock, etc., deviennent les « licences » de la nouvelle ère.
  3. Le financier (The Financier) : aujourd’hui, ce n’est plus la Bangkok Bank, mais des acteurs majeurs comme BlackRock, Coinbase, Binance, A16z, qui jouent ce rôle.
  4. L’opérateur (The Operator) : aujourd’hui, ce sont ces géants cryptos qui ont fait « leur paix » avec la régulation, ayant noué des liens profonds avec la régulation, la gestion, les GPs et les influenceurs.

En 2026, un projet Web3 réussi ne sera plus seulement un protocole décentralisé, mais une économie souveraine pouvant servir les affaires de géants. Ce changement suppose que la compétition ne sera plus uniquement technologique, mais aussi basée sur l’efficience capitalistique et la ressource politique — faire ce qui aide les géants à étendre leur influence et leur activité sera la nouvelle norme politique.

IV. Environnement macro et réforme institutionnelle : le terreau des nouveaux barons

En 2026, l’industrie Web3 est en pleine résonance avec un cycle mondial de baisse des taux, une redéfinition géopolitique et un cadre réglementaire qui se met en place.

4.1 Cycle de baisse des taux et injections ciblées de liquidité

D’ici 2026, la plupart des grandes banques centrales mondiales seront dans une phase de baisse de taux confirmée.

Effet d’excès de liquidité : avec la baisse des taux sans risque, le capital se tourne vers les actifs à haut risque. Le Web3, en tant qu’actif à bêta élevé, attire naturellement les flux.

Canal institutionnel exclusif : contrairement au marché haussier des petits investisseurs en 2021, en 2026, la liquidité sera injectée de façon très ciblée. Les flux passeront par des canaux réglementés — ETF spot, stablecoins réglementés (USDC, PYUSD), fonds tokenisés (BUIDL) — plutôt que par des altcoins sans distinction.

4.2 Cadre réglementaire : la « muraille » juridique

En 2026, la régulation ne sera plus une épée de Damoclès, mais un mur solide déjà en place.

Loi GENIUS : la régulation fédérale américaine des stablecoins de paiement, avec autorisation préalable pour émettre. Cela crée une barrière à l’entrée très élevée, consolidant la position de régulateurs comme Circle ou Paxos.

Mise en œuvre complète de MiCA : la réglementation européenne sur les asset-backed tokens impose des exigences strictes, obligeant les stablecoins offshore non agréés à se retirer du marché européen.

4.3 La fusion des sphères politiques et commerciales : extension du dollar en numérique

En 2026, la stratégie nationale intègre clairement la technologie Web3. Circle, émetteur de USDC, devient presque une « banque numérique » sous supervision de la Fed. Elle détient massivement des obligations américaines et participe aux sanctions. Ce lien étroit entre politique et marché fait d’USDC une extension de la crédibilité d’État.

Il sera extrêmement difficile pour un acteur individuel de s’imposer dans ce contexte.

4.4 La disparition immédiate des nouvelles « altcoins » à leur lancement

De 2024 à 2025, beaucoup de projets stars et de projets de stars mondiales ont échoué rapidement, souvent avant même leur lancement, ou se sont effondrés dès leur ouverture, sans atteindre leur potentiel.

Une lecture attentive montre que sans le soutien des géants, sans échange, sans le circuit principal, sans influence des OG ou de contrats pour éliminer la concurrence, la plupart des projets restent silencieux dès leur lancement, sans vagues. La véritable valeur du prix ne suffit pas : ce sont les « larmes du temps » qui ne laissent que l’attention, et le marché est devenu un jeu de flux de liquidités qui dictent la montée.

V. 2026 : l’année de l’établissement du monopole Web3

Si la « fabrique de farine » de Bogasari est la pierre angulaire physique de l’empire de Liem Sioe Liong, alors en 2026, le Web3 cherche sa « fabrique numérique de farine ». Dans ce nouveau cycle, la logique commerciale revient à l’essence — obtenir le monopole, maîtriser la fixation des prix.

5.1 La stratégie « derrière la couronne » : la « revanche » des géants

Pour des géants comme Binance, Coinbase ou BlackRock, ils n’ont plus besoin d’être les premiers. Comme Liem Sioe Liong n’avait pas besoin d’inventer la technologie de transformation de la farine ni de créer Indomie, les géants du Web3 n’ont pas besoin d’inventer les protocoles DeFi les plus récents. (Oui, Indomie a été « racheté » par Liem par capitaux et moyens de pression).

Ce qui compte pour eux, ce n’est pas la RWA, l’IA ou la piste Meme, mais leur capital colossal et leur base utilisateur (« liquidité »). Ils attendent que le marché valide la stratégie gagnante, puis l’acquièrent, la copient ou soutiennent un projet « partisan » pour casser le marché rapidement, réalisant ainsi une « revanche » sur les vrais pionniers.

Entre 2025 et 2026, les opérations de fusion-acquisition (M&A) ou la compétition d’agents se multiplient. Les géants nettoient le terrain. Les projets moyens, sans la protection des géants, risquent l’obsolescence ou la fusion forcée.

5.2 Soutenir les « partis » : construire une « digue digitale »

La tendance en 2026 sera la « synergie » et « l’incubation interne ». Les géants construisent des écosystèmes fermés, pour que leurs profits restent dans leur « muraille ».

5.2.1 L’empire fantôme de Binance : YZi Labs et Aster

Binance ne peut pas lancer directement son propre DEX perpétuel sans attirer l’attention réglementaire, alors elle adopte une stratégie d’« agent ».

L’émergence d’Aster : considéré comme le « partisan » de Binance dans le domaine des dérivés décentralisés, soutenu par YZi Labs (spin-off de Binance Labs) et même investi publiquement par CZ.

Grâce à Aster, Binance transfère ses ressources de market maker et de liquidité de sa plateforme centralisée vers la chaîne, créant un « DEX fantôme ». Ce modèle de « boutique centrale (Binance) et d’usine (Aster) » évite le risque réglementaire tout en monopolisant la fixation des prix des dérivés sur BNB Chain.

5.2.2 Coinbase et Circle : la coentreprise du dollar dominant

Coinbase et Circle sont liés par un partenariat profond, dépassant la simple coopération.

Coinbase a investi dans Circle et partage avec elle une partie des revenus issus de USDC, notamment les intérêts générés par ses réserves.

Ce partenariat confère à USDC une exclusivité absolue dans l’écosystème Coinbase (y compris la chaîne Base). En utilisant sa position réglementaire, Coinbase pousse USDC de façon prioritaire, opérant en quelque sorte comme une « banque centrale numérique » conjointe.

VI. La difficulté des petits : les opportunités déjà monopolisées

6.1 Les positions stratégiques supportées par les exchanges : la monopolisation des « blockchains » et des « murs numériques »

En 2026, le paysage des blockchains devient nettement « balkanisé ». Dans le « moment Chen Bianchen », la fabrique Bogasari est le support physique du profit monopolistique. En 2026, soutenir une blockchain d’échange est une extension de la « monopolisation » des listings.

Coinbase avec Base

Base n’est pas totalement décentralisée, c’est une extension de la gouvernance de Coinbase. En tant que seul opérateur de la validation, Coinbase capte toutes les revenus de gaz et privilégie ses projets ou protocoles liés à Coinbase Wallet.

Binance avec BNB Chain

Binance joue un rôle de « gouvernement central » sur BNB Chain, avec de lourds subventions pour soutenir l’écosystème. Mais si votre projet ne fait pas partie du « cercle des favoris », il faudra longtemps pour voir la lumière.

6.2 La guerre des stablecoins : la farine numérique et la souveraineté monétaire

Si la blockchain est la « terre », alors les stablecoins sont la « farine » qui circule dessus — leur quantité d’émission est bien connue. En 2026, le marché des stablecoins a connu un bouleversement : de la « pluralité » à la confrontation entre deux géants, laissant peu de place aux autres.

6.2.1 La régulation comme barrière : la domination réglementaire de USDC

USDC, émise par Circle, est devenue en 2026 le « dollar numérique » monopolistique en termes de conformité.

La relation symbiotique Coinbase-Circle : Coinbase a investi dans Circle et partage les revenus issus des réserves USDC. Cette alliance confère à USDC une position quasi exclusive dans l’écosystème Coinbase, notamment sur la chaîne Base. Coinbase, avec son accès réglementaire, pousse USDC en priorité, comme une « banque centrale numérique » commune.

6.2.2 La résistance offshore : le bastion d’or de Tether

Face à la pression réglementaire sur USDC, Tether (USDT) a choisi une voie différente en 2026 : celle des réserves souveraines.

Tether détient en 2025 une réserve d’or de 12,9 milliards de dollars. En émettant un token adossé à l’or, Tether devient une « banque centrale parallèle » bâtie sur une version blockchain du « Bretton Woods system ».

6.3 La collusion des géants : RWA et la colonisation par les institutions

Le fonds BUIDL de BlackRock : un nouveau taux de référence pour la DeFi

BlackRock lance le fonds BUIDL, tokenisant les obligations américaines, permettant aux investisseurs qualifiés de détenir et de percevoir quotidiennement des intérêts. Par ailleurs, Binance et d’autres plateformes envisagent d’accepter BUIDL comme garantie de trading (Collateral). Cela permet aux acteurs institutionnels d’utiliser des actifs à rendement plutôt que des fonds inactifs, améliorant ainsi l’efficience du capital.

L’émergence des RWA marque une transformation fondamentale du token : alors que la majorité des tokens DeFi de 2020 étaient des « gouvernance tokens » sans valeur intrinsèque en dehors du droit de vote, en 2026, les RWA deviennent des « tokens de rendement » (Yield-bearing Token), dont la valeur est ancrée dans la cash flow réel. La narration peut sembler séduisante, mais tout cela reste éloigné du peuple ordinaire.

VII. Conclusion et perspectives 2026 : accueillir l’ère des « nouveaux barons du Web3 »

En regardant l’histoire, la réussite de Liem Sioe Liong, passant d’un vendeur de clous à l’homme le plus riche d’Asie, tient à sa compréhension du « jeu » de son époque — Suharto avait besoin d’un pilier économique, et ce pilier devait reposer sur le monopole et l’effet de levier financier.

En 2026, l’industrie Web3 vit ce même moment.

De la contestation à la consolidation

Les « crypto punks » qui tentent de tout faire seuls, défiant la régulation, seront progressivement marginalisés. La scène centrale sera occupée par ceux, comme Liem Sioe Liong, qui savent danser avec la régulation, exploiter le levier du capital et des « allégeances » (Black Rock, Coinbase, Binance), formant ainsi ce que l’on pourrait appeler la « nouvelle aristocratie financière ».

De la vente de protocoles à celle de la souveraineté

Le modèle commercial ne consiste plus seulement à développer des protocoles pour gagner des frais, mais à bâtir des « cités numériques » (Base, BNB Chain), émettre des monnaies numériques (Stablecoins), utiliser des agents IA et contrôler l’infrastructure pour obtenir un monopole et des profits extraordinaires. La liquidité n’est pas une fin, mais la clé pour que les géants prennent tout, y compris la souveraineté.

C’est une nouvelle ère de mercantilisme, dominée par le code, le capital et l’endorsement. L’histoire de Liem Sioe Liong et Chen Bianchen n’est pas finie — elle a simplement changé de visage : les exchanges et les blockchains sont désormais les nouveaux Liem Sioe Liong, et Binance, Coinbase, BlackRock sont les nouveaux Chen Bianchen. La blockchain devient leur « terre de farine », leur « usine numérique » pour la nouvelle génération.

Ce n’est pas que le Web3 n’a pas de narration, mais que la narration est passée du récit historique à la biographie des personnages.

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