Rapport d'analyse de la supervision fiscale des actifs numériques à Hong Kong II | Classification fiscale

Rédigé par : Xie Yancen

【Champ d’étude】Ce rapport examine systématiquement les règles fiscales relatives aux actifs numériques à Hong Kong depuis 2020 jusqu’à aujourd’hui. Nous analysons diverses directives émises par l’administration fiscale de Hong Kong, les documents réglementaires publiés par la SFC et la HKMA, les lois adoptées par le Conseil législatif, ainsi que les déclarations politiques officielles, dans le but d’offrir aux lecteurs une vision complète et claire de la réglementation.

【Conclusions principales】En rétrospective, le développement de la réglementation fiscale des actifs numériques à Hong Kong a suivi une trajectoire claire : d’abord, en 2020, la DIPN 39 a établi les principes fondamentaux du traitement fiscal des actifs numériques ; ensuite, diverses directives réglementaires (plateformes d’échange, services de staking, stablecoins) ont été progressivement complétées pour soutenir la gestion fiscale ; puis, la législation a mis en place un cadre de déclaration des crypto-actifs (CARF) ; enfin, des déclarations politiques ont introduit des incitations fiscales. La tendance générale est vers une réglementation de plus en plus standardisée, transparente et alignée sur les normes internationales.

Chapitre 2 : Classification fiscale des actifs numériques à Hong Kong

2.1 Définition légale

Actuellement, Hong Kong ne dispose pas d’une définition légale spécifique pour les actifs numériques, mais différentes directives réglementaires en précisent la nature.

Dans la « Directive d’interprétation et de mise en œuvre n° 39 » (DIPN 39), le terme « actifs numériques » englobe les cryptomonnaies et autres formes d’actifs numériques.

Dans le « Règlement sur les stablecoins » (Stablecoin Ordinance 2025), un stablecoin est défini comme : « une représentation numérique de valeur sécurisée par cryptographie, exprimée en unité de compte ou en réserve de valeur économique, utilisée ou destinée à être utilisée comme moyen d’échange accepté par le public, transférable, stockée ou négociée électroniquement, opérant sur un registre distribué ou un dépôt d’informations similaire, et visant à maintenir une valeur stable en référence à un seul actif ou à un groupe/basket d’actifs. »

Dans le cadre de la « Révision du cadre de déclaration des crypto-actifs et des normes communes de déclaration », les crypto-actifs incluent les monnaies virtuelles (Bitcoin, Ethereum), stablecoins, NFT et autres actifs cryptographiques négociables, mais excluent la monnaie numérique de banque centrale (CBDC). La définition précise : « Les crypto-actifs désignent tous les actifs numériques transférables basés sur la technologie de registre distribué ou une technologie similaire, à l’exclusion de la monnaie numérique émise par une banque centrale. »

2.2 Classification selon la nature fiscale

2.2.1 Cryptomonnaies échangeables (ex : BTC, ETH)

Les cryptomonnaies échangeables comme Bitcoin ou Ethereum sont traitées fiscalement en distinguant leur nature transactionnelle. Si détenues à long terme pour investissement, avec peu de transactions, les profits de vente sont considérés comme une plus-value sur actifs de capital, et Hong Kong n’imposant pas d’impôt sur les gains en capital, aucune taxe n’est due. Si la finalité est de réaliser un profit par des transactions fréquentes, ces profits sont considérés comme des revenus d’exploitation et soumis à l’impôt sur les bénéfices. L’administration fiscale se base principalement sur l’intention subjective lors de l’achat, en tenant compte de la fréquence et de l’ampleur des transactions.

La DIPN 39, article 12, précise : « Si un contribuable détient des cryptomonnaies échangeables à des fins d’investissement à long terme, les profits de leur vente sont des plus-values non imposables ; si la transaction est fréquente et à but lucratif, ces profits sont considérés comme des revenus d’exploitation et soumis à l’impôt sur les bénéfices selon l’article 14 de la Loi fiscale. »

L’article 13 indique : « L’intention subjective lors de l’achat de cryptomonnaies constitue le critère principal, complété par des facteurs objectifs tels que la fréquence, l’ampleur des transactions et l’existence d’un modèle fixe. »

2.2.2 Stablecoins (ex : USDC, USDT)

Les stablecoins sont également traités selon leur nature transactionnelle. La détention à long terme pour investissement entraîne une plus-value non imposable ; une transaction fréquente pour profit est considérée comme une activité commerciale, soumise à l’impôt sur les bénéfices. Lorsqu’utilisés comme moyen de paiement, leur traitement fiscal est aligné sur celui des salaires en monnaie traditionnelle : la valeur marchande du stablecoin au moment de la réception doit être convertie en HKD et incluse dans le revenu imposable pour l’impôt sur le revenu.

L’article 27 du Règlement sur les stablecoins stipule : « Lorsqu’un stablecoin est utilisé comme moyen de paiement, son traitement fiscal est conforme à celui des salaires en monnaie traditionnelle. L’employeur et l’employé doivent convertir la valeur marchande du stablecoin le jour de la réception en HKD et l’inclure dans le revenu imposable. »

2.2.3 NFT (jetons non fongibles)

La classification fiscale des NFT n’est pas encore spécifiquement réglementée à Hong Kong. Selon la DIPN 39, la gestion fiscale des NFT doit également différencier la nature de la transaction. Si détenus à long terme pour investissement, les profits sont des plus-values non imposables ; si achetés et vendus fréquemment pour profit, ils sont considérés comme des revenus d’exploitation soumis à l’impôt. Dans le cadre du CARF, les NFT sont explicitement inclus dans la catégorie des crypto-actifs, nécessitant une déclaration d’informations.

2.2.4 Récompenses de staking/minage

Les récompenses obtenues via staking ou minage sont traitées selon le contexte d’acquisition. Si obtenues lors d’opérations commerciales (airdrop, fork) dans le cadre d’une activité de crypto-monnaie, elles sont considérées comme des revenus d’exploitation et soumises à l’impôt sur les bénéfices ; si obtenues accidentellement dans un cadre personnel sans activité commerciale, aucune taxe n’est due. La directive sur les services de staking exige que les institutions enregistrent et conservent pendant au moins 7 ans les informations clés relatives aux revenus de staking.

L’article 18 de la DIPN 39 précise : « Si le minage ou le staking constitue une activité commerciale, les récompenses sont considérées comme des revenus d’exploitation et soumises à l’impôt sur les bénéfices ; si c’est une activité amateur personnelle, aucune taxe n’est due. »

L’article 19 du Guide sur la régulation des services de staking stipule : « Les institutions engagées dans le staking doivent enregistrer la date, le montant et les informations du contribuable concernant les revenus de staking, avec une durée de conservation d’au moins 7 ans. »

2.2.5 Actifs numériques détenus par des fonds ou des outils de contrôle familial

Selon la « Déclaration de politique de développement des actifs numériques 2.0 », le gouvernement proposera une législation permettant d’exclure de l’impôt sur les bénéfices certains actifs numériques détenus dans des fonds privés ou des outils de contrôle familial (FOIV). Si adoptée, cette exemption entrerait en vigueur à partir de l’année fiscale 2025/2026, permettant aux fonds privés ou FOIV de bénéficier d’une exonération sur les transactions liées aux actifs numériques spécifiés.

2.3 Limites avec d’autres actifs

En matière fiscale, deux frontières claires définissent la nature des actifs numériques : premièrement, ils ne sont pas considérés comme de la monnaie légale ; deuxièmement, leur traitement dépend de la nature de la transaction : détention à long terme pour investissement, plus-value non imposable ; transactions fréquentes pour profit, considérées comme des revenus d’exploitation imposables.

La DIPN 39, article 7, indique : « Les actifs numériques ne sont pas de la monnaie légale selon la Loi sur la monnaie légale de Hong Kong, et leur traitement fiscal ne s’applique pas aux règles spécifiques des transactions monétaires. La détermination fiscale des gains issus de la cession d’actifs numériques repose sur la distinction entre plus-value sur actifs de capital et revenus d’exploitation, applicable à tous les types d’actifs numériques. »

2.4 Considérations pour des classifications particulières

Outre ces classifications, quelques cas spécifiques méritent une attention particulière : les ETF tokenisés sont explicitement exemptés de droits d’enregistrement ; les transactions sur des fonds privés ou des FOIV liés à des actifs numériques spécifiés bénéficient d’une exonération de l’impôt sur les bénéfices ; enfin, les stablecoins disposent de règlements spécifiques encadrant leur émission, leur négociation et leurs services.

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