La demande d'emploi aux États-Unis a chuté à son niveau le plus bas depuis 14 mois - perspectives pour la fin de l'année

Le marché du travail aux États-Unis a montré un affaiblissement évident, la demande d’emploi atteignant son niveau le plus bas depuis quatorze mois. Les données publiées par le Département du Travail début janvier confirment que le marché du travail américain entre dans une nouvelle phase d’incertitude, où tant les employeurs que les employés attendent des clarifications sur la situation politique et économique.

Demande de main-d’œuvre à son plus bas historique

Le nombre d’offres d’emploi disponibles a diminué pour atteindre 7,146 millions fin novembre — le plus bas depuis septembre 2024. Cela représente une baisse de 303 000 postes par rapport au mois précédent. Le ratio entre offres d’emploi et chômeurs s’établissait à 0,91 — le plus bas depuis mars 2021. Le niveau de demande de travail, qui réagissait traditionnellement rapidement lors des périodes de reprise économique, montre cette fois une tendance de baisse durable.

Les économistes de Barclays indiquent que les données JOLTS (Job Openings and Labor Turnover Survey) ont immédiatement envoyé un signal clair : la demande d’emploi faiblit, et les conditions du marché du travail sont mises à l’épreuve. Marc Giannoni, chef de l’équipe d’économistes de cette institution, souligne que la situation n’indique pas encore une détérioration dramatique, mais qu’une tendance s’accentue.

Les secteurs traditionnels ressentent les plus fortes restrictions

Le secteur des services de restauration et d’hôtellerie a subi les plus lourdes pertes — le nombre de postes vacants a diminué de 148 000. La santé et l’aide sociale, qui alimentaient encore récemment la croissance de l’emploi, ont enregistré une baisse de 66 000 offres. Le transport, l’entreposage et les services publics n’ont enregistré que 108 000 postes ouverts.

Dans le secteur public, le nombre d’offres a diminué de 89 000, principalement au niveau des gouvernements étatiques et locaux. La seule exception notable est le commerce de détail, où le nombre de postes vacants a augmenté de 121 000 — probablement en préparation de la saison des fêtes. Le secteur de la construction a enregistré une hausse de 90 000 offres.

Incertitude politique et menaces innovantes

La baisse de la demande de travail est principalement attribuée à l’incertitude liée à la politique commerciale. Le président Donald Trump a annoncé des droits de douane mondiaux étendus, et la Cour suprême devait rendre une décision sur leur légalité. Cette ambivalence politique et économique oblige les employeurs à adopter une posture prudente — préférant attendre des clarifications plutôt que d’accroître l’embauche.

De plus, l’intégration de l’intelligence artificielle dans un nombre croissant de rôles professionnels réduit la demande pour les employés traditionnels. Les économistes soutiennent que le marché du travail fait face à des défis structurels, et pas seulement cycliques. L’incertitude concernant ces tendances à long terme dissuade encore davantage les entreprises d’embaucher.

Licenciements modérés mais signaux d’alerte croissants

Le nombre de licenciements a diminué de 163 000 pour atteindre 1,687 million, restant à des niveaux faibles historiquement. Cependant, les départs volontaires ont augmenté de 188 000 pour atteindre 3,161 millions. Sarah House de Wells Fargo note qu’un taux de départ volontaire aussi bas — à 2,0 % — crée des risques : les employeurs souhaitant réduire leur personnel pourraient être contraints de licencier plutôt que de compter sur le mouvement naturel des employés.

Une situation qualifiée de « pas d’embauche, pas de licenciements » — où les entreprises n’augmentent ni ne réduisent leur main-d’œuvre — indique une profonde incertitude du marché. Cette perspective a renforcé la conviction des économistes que la Réserve fédérale maintiendra ses taux d’intérêt inchangés pendant la période de transition.

Perspectives pour le dernier trimestre

Il est prévu que le taux de chômage ait diminué à 4,5 % en décembre, contre un maximum de 4,6 % en novembre, qui était le plus haut depuis quatre ans. Les données de l’Institute for Supply Management ont toutefois montré un certain rebond — l’indice des directeurs d’achat dans le secteur des services est passé à 54,4 en décembre, et l’indicateur d’embauche dans les services a rebondi à 52,0 après six mois de baisse.

Ben Ayers de Nationwide prévoit qu’une croissance économique stable et cohérente devrait maintenir le secteur des services dans une phase d’expansion solide. Cependant, le fait demeure : la demande d’emploi sera le principal indicateur à surveiller dans les mois à venir. Les réductions d’impôts et la diminution de l’incertitude concernant la politique commerciale pourraient agir comme des catalyseurs pour une relance future du marché du travail, mais pour l’instant, nous restons dans une période d’attente et de prudence.

Voir l'original
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
  • Récompense
  • Commentaire
  • Reposter
  • Partager
Commentaire
0/400
Aucun commentaire
  • Épingler