Honduras et Mexique dans le viseur : la stratégie de Trump contre les missions médicales de Cuba en Amérique latine

L’administration de Donald Trump a intensifié une campagne systématique pour démanteler les programmes de coopération médicale cubaine en Amérique latine. Honduras apparaît comme un cas emblématique de cet effort, mais le modèle suggère que le Mexique et toute la région pourraient être les prochaines cibles d’une pression diplomatique sans précédent.

Honduras mène le retrait des médecins cubains

Près de 130 professionnels de santé cubains quitteront le Honduras après l’expiration de leur contrat cette semaine. Le secrétaire d’État à la Communication et à la Stratégie, José Augusto Argueta, a confirmé la fin du programme, tout en précisant que les cliniques et hôpitaux gérés par des médecins cubains « continueront de fonctionner jusqu’à ce que nous puissions effectuer la transition complète vers des professionnels honduriens ».

Ce retrait marque un changement radical dans la politique étrangère du Honduras sous la nouvelle gouvernance de Nasry Asfura, qui a pris ses fonctions fin janvier après avoir succédé à Xiomara Castro. Pendant l’administration précédente, la coopération médicale cubaine s’est développée : Cuba maintenait 150 médecins sur le territoire, exploitait cinq laboratoires d’ophtalmologie, et 278 étudiants honduriens étudiaient sur l’île caribéenne. Asfura, ancien maire de Tegucigalpa, a délibérément recentré la politique extérieure du Honduras vers l’orbite de la politique américaine.

La pression de Trump contre Cuba s’étend dans toute la région

L’administration américaine ne se limite pas au Honduras. Au Guatemala, une réduction progressive du programme incluant 412 travailleurs cubains, dont 333 médecins, a été récemment annoncée. Les Bahamas, Antigua-et-Barbuda, et la Grenade ont également modifié ou limité ces brigades, souvent après avoir reçu des menaces de sanctions migratoires contre leurs responsables.

Marco Rubio, secrétaire d’État de Trump, a personnellement mené cette campagne de pression diplomatique. Elle a même dépassé les frontières américaines : le principal diplomate américain à Cuba, Mike Hammer, a récemment visité l’Italie pour persuader le gouvernement de la région de Calabre de rompre l’accord avec Cuba. La stratégie est claire : isoler économiquement La Havane en éliminant toutes ses sources de revenus à l’étranger.

L’impact économique : les brigades médicales comme moteur de devises

Les missions médicales sont l’une des principales sources de devises pour Cuba, aux côtés du tourisme, tous deux fortement affectés par la pression économique américaine. Selon le ministère cubain des Affaires étrangères, près de 24 000 professionnels de santé travaillaient dans 56 pays en 2023.

Les chiffres historiques révèlent l’importance du programme : ces brigades ont généré 6,3 milliards de dollars de revenus pour le gouvernement cubain en 2018 et 3,9 milliards en 2020 (en partie sous forme de pétrole vénézuélien). La réduction constante de ces programmes représente une dégradation significative des revenus de La Havane. Washington qualifie ouvertement ce système de « semblable à l’esclavage », un argument qui soutient sa stratégie de pression.

Un changement de cap dans la politique étrangère centro-américaine

Le cas du Honduras illustre une évolution plus large des politiques en Amérique centrale. Trump a même influencé directement le processus électoral hondurien l’année précédente, en soutenant Asfura et en graciant un autre ancien président du même parti, qui purgeait une condamnation de 45 ans aux États-Unis pour trafic de drogue.

La question qui se pose maintenant est de savoir si le Mexique et d’autres gouvernements de la région suivront la même voie sous la pression américaine. L’administration Trump a clairement indiqué qu’elle cherche à provoquer un effondrement économique de Cuba par l’asphyxie systématique de ses revenus, dans l’espoir de renverser le régime de 60 ans. Le Honduras a réagi en se réalignant ; la question est maintenant de savoir combien d’autres pays latino-américains prendront des décisions similaires.

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