Dans le processus par lequel les actifs cryptographiques évoluent d’une “zone interdite financière” à une adoption grand public, l’initiative de Morgan Stanley de déposer un formulaire S-1 constitue sans aucun doute un moment marquant. Ce géant financier mondial, gérant plus de 1 000 milliards de dollars d’actifs, a officiellement soumis une demande d’enregistrement pour un trust Bitcoin au Securities and Exchange Commission (SEC) américain. Cette démarche non seulement témoigne de la reconnaissance des capitaux institutionnels envers les actifs numériques, mais annonce également une accélération de l’intégration profonde entre la finance traditionnelle et l’écosystème crypto.
De “dezaprobata” à “embrasser” : un changement de 180° dans l’attitude des institutions
Pour comprendre l’importance de cette démarche de Morgan Stanley, il faut revenir sur l’évolution réglementaire des actifs cryptographiques au cours des dix dernières années. Autrefois, les autorités américaines adoptaient une position ferme de déni () — de 2013 à 2020, la SEC a systématiquement rejeté de nombreuses demandes de ETF Bitcoin en spot. Ce refus constant était motivé par des préoccupations profondes concernant la manipulation du marché, la sécurité de la garde des actifs, et la protection des investisseurs.
Cependant, la donne a changé radicalement début 2024. L’approbation des premiers ETF Bitcoin en spot a brisé cette impasse, attirant plusieurs centaines de milliards de dollars en capitaux dans les mois qui ont suivi. Cela a non seulement confirmé la demande réelle du marché, mais a aussi tracé une voie réglementaire claire pour les futurs demandeurs.
La demande de Morgan Stanley s’inscrit dans ce contexte. En tant qu’institution financière de premier plan à Wall Street, son attitude dans le domaine crypto a été relativement prudente jusqu’à présent. En 2021, Morgan Stanley a commencé à offrir à ses clients fortunés un accès limité à des fonds Bitcoin ; ses départements de recherche ont également publié plusieurs rapports approfondis sur la technologie blockchain. Mais le véritable tournant stratégique intervient aujourd’hui — cette soumission de S-1 marque le passage de l’attitude d’“observateur” à celle de “participant”.
Structure concrète du trust Bitcoin de Morgan Stanley et implications pour le marché
Ce formulaire vise à établir un trust détenant des actifs Bitcoin réels, et non un produit dérivé basé sur des contrats à terme. Cette distinction clé influence non seulement le profil de risque du produit, mais aussi son impact réel sur le marché au comptant du Bitcoin.
Selon la divulgation du formulaire S-1, ce trust sera doté d’un cadre opérationnel complet, comprenant une solution de garde des actifs, une structure tarifaire, et une divulgation exhaustive des risques exigée par la SEC. En particulier, la garde des actifs sera confiée à une institution de garde qualifiée, garantissant la sécurité du stockage numérique. Cette approche protège les investisseurs et constitue une preuve de la compétence et de la gestion des risques de la société vis-à-vis des régulateurs.
Du point de vue du marché, l’entrée de Morgan Stanley revêt trois significations principales :
Premier point : innovation dans les canaux. Une fois approuvé, le trust sera négocié en bourse sur une plateforme réglementée. Cela permettra à des millions de clients détenant un compte chez Morgan Stanley — qu’il s’agisse de comptes de retraite ou d’investisseurs institutionnels — d’accéder directement à une exposition au Bitcoin via une interface familière, sans avoir à manipuler des portefeuilles, clés privées ou autres barrières techniques.
Deuxième point : transfert de confiance. “L’entrée d’une grande institution est un signal,” soulignent des analystes de Wall Street, “la crédibilité de Morgan Stanley peut considérablement réduire les barrières psychologiques pour les investisseurs conservateurs. Les institutions qui hésitaient auparavant à détenir du Bitcoin seront désormais plus enclines à allouer des actifs numériques, en voyant ces acteurs majeurs s’y engager.”
Troisième point : effet d’échelle. Morgan Stanley gère le plus grand fonds de patrimoine au monde. Dès que le trust sera lancé, même si une petite fraction de ses actifs sous gestion y est investie, cela pourrait représenter plusieurs dizaines de milliards de dollars. Cela aura un impact profond sur la liquidité du Bitcoin et la maturité du marché.
La voie réglementaire : de “plusieurs refus” à une “approbation standardisée”
L’attitude de la SEC vis-à-vis des produits Bitcoin en spot s’est nettement adoucie, mais le processus d’approbation reste rigoureux. La politique actuelle repose sur plusieurs points clés :
Nécessité d’un accord réglementaire : les demandeurs doivent signer un accord de surveillance de marché avec une plateforme réglementée à volume suffisant, afin de prévenir la manipulation des prix.
Sécurité de la garde comme priorité : les actifs doivent être confiés à un dépositaire qualifié, avec une couverture d’assurance adéquate. Morgan Stanley dispose d’un avantage évident dans ce domaine — son vaste réseau mondial de garde offre une base solide pour la sécurité des actifs.
Mécanismes de protection des investisseurs : la demande doit divulguer tous les risques pertinents, notamment la volatilité du Bitcoin, les risques techniques, la possibilité de changements réglementaires, et les scénarios d’échec des déposants.
Historiquement, l’évolution de la position réglementaire est claire :
De 2013 à 2020, la SEC a systématiquement rejeté toutes les demandes de produits d’investissement en Bitcoin en spot, estimant que le marché n’était pas encore mature. Entre 2021 et 2023, après l’approbation de produits à terme, l’autorité a commencé à étudier sérieusement la faisabilité des produits en spot. La percée de début 2024 marque le début d’une nouvelle ère — les produits en spot ne sont plus une “question hypothétique”, mais une “question concrète”. Aujourd’hui, en 2025, des demandes comme celle de Morgan Stanley sont considérées comme une étape naturelle dans le processus commercial.
Le président de la SEC, Gary Gensler, a clairement indiqué que la conformité et la protection des investisseurs restent prioritaires. Cependant, le parcours complet depuis la mise en place des premiers ETF en spot montre que ces produits peuvent fonctionner en toute sécurité dans un cadre réglementaire strict. Ce précédent fort soutient la demande de Morgan Stanley.
Réactions en chaîne du marché face à l’entrée des institutions
Les analystes sont généralement optimistes quant à l’approbation de cette demande et à ses impacts potentiels :
Nouveau cycle de flux de capitaux : après l’approbation des ETF en spot en 2024, plusieurs centaines de milliards de dollars ont afflué, principalement de fonds cherchant une exposition passive à faible coût, ou de départements de trading propriétaires. Le trust de Morgan Stanley cible une clientèle très différente — investisseurs privés fortunés et comptes de gestion de patrimoine professionnels. Cela ouvre une nouvelle source de capitaux, potentiellement tout aussi importante.
Effet de stabilisation à long terme : la participation des institutions tend à réduire la volatilité en augmentant la profondeur du marché et la diversité des acteurs. Bien que la volatilité du Bitcoin reste élevée à court terme, la tendance à long terme devrait favoriser une découverte de prix plus mature et stable.
Effet domino de la concurrence : d’autres grands groupes financiers mondiaux ne resteront pas inactifs. Si le produit de Morgan Stanley est un succès commercial, des acteurs comme Goldman Sachs, Bank of America ou UBS accéléreront le développement de leurs propres produits et leur dépôt réglementaire. Cette compétition profitera in fine aux consommateurs, en réduisant les frais et en améliorant la qualité du service.
Amélioration du cadre réglementaire : chaque demande réussie et chaque opération enregistrée enrichissent l’expérience des régulateurs. Avec l’augmentation du nombre et de la diversité des produits, la SEC pourra établir des normes plus claires et plus prévisibles, réduisant ainsi le coût de conformité pour les futurs demandeurs.
Qu’est-ce que le formulaire S-1, et pourquoi est-il crucial ?
Le formulaire S-1 est le formulaire standard de déclaration d’enregistrement exigé par la SEC pour toute entreprise ou fonds souhaitant émettre de nouvelles valeurs mobilières au public. Pour un trust Bitcoin, ce document doit contenir une description détaillée des risques, de la stratégie de gestion, de la structure tarifaire, des arrangements de garde, et des mesures pour faire face à la manipulation du marché ou aux questions de sécurité.
La qualité et le professionnalisme du S-1 déposé par Morgan Stanley influenceront directement la rapidité de l’examen par la SEC. Une demande bien préparée, avec des détails complets, pourra obtenir une approbation en quelques mois, tandis qu’une demande incomplète ou défaillante risque de faire l’objet de multiples interrogations.
Différences concrètes entre trust Bitcoin et ETF Bitcoin : quelle importance ?
Les deux produits offrent une exposition au Bitcoin, mais leur mécanisme diffère sensiblement.
L’ETF est une structure de fonds ouvert, où le gestionnaire peut créer ou racheter des parts en fonction de la demande du marché. Cela permet à la valeur des parts de suivre étroitement la valeur sous-jacente, avec peu ou pas de prime ou de décote.
Le trust est généralement une structure fermée, avec un nombre fixe de parts émises. La négociation de ces parts peut donc se faire à un prix supérieur ou inférieur à leur valeur nette d’inventaire (VNI). Bien que cette prime ou décote tende à se réduire à long terme, elle peut créer des opportunités ou des risques à court terme pour les investisseurs ou les arbitragistes.
Pour Morgan Stanley, opter pour un trust plutôt qu’un ETF peut refléter une considération spécifique de ses clients ou une gestion différente de certains aspects opérationnels.
Quelles seront les implications pour l’investisseur particulier ?
Une fois le trust Bitcoin de Morgan Stanley approuvé et lancé, les changements pour le marché seront multiples :
Accès démocratisé : il suffira d’un compte de courtage classique pour acheter des parts du trust, sans avoir à devenir un expert technique ou à gérer des clés privées. C’est une véritable simplification.
Réduction potentielle des coûts : les produits institutionnels à grande échelle ont généralement des frais inférieurs à ceux des fonds privés ou des solutions auto-gérées. La concurrence accrue pourrait faire baisser encore ces coûts.
Rôle des conseillers en gestion de patrimoine : les conseillers pourront désormais proposer le Bitcoin comme une composante standard d’allocation, tout comme les actions, obligations ou métaux précieux. Cela modifiera la façon dont des millions d’investisseurs construisent leur portefeuille.
Changement d’attentes psychologiques : le Bitcoin, qui était perçu comme un actif spéculatif controversé, devient progressivement une “classe d’actifs légitime”. Ce changement d’état d’esprit attirera davantage de capitaux à long terme, plus prudents.
Risques à ne pas négliger
Malgré ces perspectives positives, les risques liés au trust Bitcoin restent importants :
La volatilité intrinsèque du Bitcoin demeure le principal risque. Même avec une participation institutionnelle accrue, cette classe d’actifs peut connaître des fluctuations bien supérieures à celles des actions ou des obligations. La réglementation continue d’évoluer, et de nouvelles politiques ou actions légales pourraient modifier la fiscalité ou la possibilité d’investissement. Les risques techniques liés à la sécurité (piratage d’échanges, vulnérabilités de contrats intelligents) existent, même s’ils sont rares. Enfin, la négociation à un prix supérieur ou inférieur à la VNI peut entraîner des risques pour les entrants tardifs.
Perspectives : du marginal au central
La demande de Morgan Stanley constitue un tournant, mais pas une fin en soi. L’ensemble du secteur crypto traverse une évolution de “produit spéculatif” à “actif institutionnel” à long terme. Chaque étape — du premier ETF en spot au premier trust d’une grande banque — contribue à la maturation de l’écosystème.
Pour le Bitcoin, cela signifie une transition progressive d’un actif marginal et risqué vers une composante reconnue d’un portefeuille diversifié. Ce n’est pas une transformation instantanée, mais un processus qui prendra plusieurs années, voire plus. La participation de Morgan Stanley montre que cette étape est désormais irréversible.
Du point de vue institutionnel, les grandes banques et gestionnaires d’actifs n’ont pas d’autre choix. Si leurs concurrents ont déjà franchi le pas, ne pas participer reviendrait à perdre des clients et des parts de marché. La pression concurrentielle accélérera la cadence.
Du côté réglementaire, avec l’accumulation de données et d’expériences, la SEC pourra établir des normes plus claires et plus prévisibles, réduisant ainsi le coût de conformité pour les futurs demandeurs et accélérant l’entrée des institutions.
Pour l’investisseur individuel, cela signifie une réduction significative des barrières à l’entrée, des coûts plus compétitifs, et une gamme d’options élargie. Tout cela converge vers une seule direction : les actifs numériques passent du statut de niche à celui de composante majeure, de l’aventure à la stabilité, du futur au présent.
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Morgan Stanley officially submits spot Bitcoin trust application to the SEC — a historic shift in Wall Street's traditional finance
Dans le processus par lequel les actifs cryptographiques évoluent d’une “zone interdite financière” à une adoption grand public, l’initiative de Morgan Stanley de déposer un formulaire S-1 constitue sans aucun doute un moment marquant. Ce géant financier mondial, gérant plus de 1 000 milliards de dollars d’actifs, a officiellement soumis une demande d’enregistrement pour un trust Bitcoin au Securities and Exchange Commission (SEC) américain. Cette démarche non seulement témoigne de la reconnaissance des capitaux institutionnels envers les actifs numériques, mais annonce également une accélération de l’intégration profonde entre la finance traditionnelle et l’écosystème crypto.
De “dezaprobata” à “embrasser” : un changement de 180° dans l’attitude des institutions
Pour comprendre l’importance de cette démarche de Morgan Stanley, il faut revenir sur l’évolution réglementaire des actifs cryptographiques au cours des dix dernières années. Autrefois, les autorités américaines adoptaient une position ferme de déni () — de 2013 à 2020, la SEC a systématiquement rejeté de nombreuses demandes de ETF Bitcoin en spot. Ce refus constant était motivé par des préoccupations profondes concernant la manipulation du marché, la sécurité de la garde des actifs, et la protection des investisseurs.
Cependant, la donne a changé radicalement début 2024. L’approbation des premiers ETF Bitcoin en spot a brisé cette impasse, attirant plusieurs centaines de milliards de dollars en capitaux dans les mois qui ont suivi. Cela a non seulement confirmé la demande réelle du marché, mais a aussi tracé une voie réglementaire claire pour les futurs demandeurs.
La demande de Morgan Stanley s’inscrit dans ce contexte. En tant qu’institution financière de premier plan à Wall Street, son attitude dans le domaine crypto a été relativement prudente jusqu’à présent. En 2021, Morgan Stanley a commencé à offrir à ses clients fortunés un accès limité à des fonds Bitcoin ; ses départements de recherche ont également publié plusieurs rapports approfondis sur la technologie blockchain. Mais le véritable tournant stratégique intervient aujourd’hui — cette soumission de S-1 marque le passage de l’attitude d’“observateur” à celle de “participant”.
Structure concrète du trust Bitcoin de Morgan Stanley et implications pour le marché
Ce formulaire vise à établir un trust détenant des actifs Bitcoin réels, et non un produit dérivé basé sur des contrats à terme. Cette distinction clé influence non seulement le profil de risque du produit, mais aussi son impact réel sur le marché au comptant du Bitcoin.
Selon la divulgation du formulaire S-1, ce trust sera doté d’un cadre opérationnel complet, comprenant une solution de garde des actifs, une structure tarifaire, et une divulgation exhaustive des risques exigée par la SEC. En particulier, la garde des actifs sera confiée à une institution de garde qualifiée, garantissant la sécurité du stockage numérique. Cette approche protège les investisseurs et constitue une preuve de la compétence et de la gestion des risques de la société vis-à-vis des régulateurs.
Du point de vue du marché, l’entrée de Morgan Stanley revêt trois significations principales :
Premier point : innovation dans les canaux. Une fois approuvé, le trust sera négocié en bourse sur une plateforme réglementée. Cela permettra à des millions de clients détenant un compte chez Morgan Stanley — qu’il s’agisse de comptes de retraite ou d’investisseurs institutionnels — d’accéder directement à une exposition au Bitcoin via une interface familière, sans avoir à manipuler des portefeuilles, clés privées ou autres barrières techniques.
Deuxième point : transfert de confiance. “L’entrée d’une grande institution est un signal,” soulignent des analystes de Wall Street, “la crédibilité de Morgan Stanley peut considérablement réduire les barrières psychologiques pour les investisseurs conservateurs. Les institutions qui hésitaient auparavant à détenir du Bitcoin seront désormais plus enclines à allouer des actifs numériques, en voyant ces acteurs majeurs s’y engager.”
Troisième point : effet d’échelle. Morgan Stanley gère le plus grand fonds de patrimoine au monde. Dès que le trust sera lancé, même si une petite fraction de ses actifs sous gestion y est investie, cela pourrait représenter plusieurs dizaines de milliards de dollars. Cela aura un impact profond sur la liquidité du Bitcoin et la maturité du marché.
La voie réglementaire : de “plusieurs refus” à une “approbation standardisée”
L’attitude de la SEC vis-à-vis des produits Bitcoin en spot s’est nettement adoucie, mais le processus d’approbation reste rigoureux. La politique actuelle repose sur plusieurs points clés :
Nécessité d’un accord réglementaire : les demandeurs doivent signer un accord de surveillance de marché avec une plateforme réglementée à volume suffisant, afin de prévenir la manipulation des prix.
Sécurité de la garde comme priorité : les actifs doivent être confiés à un dépositaire qualifié, avec une couverture d’assurance adéquate. Morgan Stanley dispose d’un avantage évident dans ce domaine — son vaste réseau mondial de garde offre une base solide pour la sécurité des actifs.
Mécanismes de protection des investisseurs : la demande doit divulguer tous les risques pertinents, notamment la volatilité du Bitcoin, les risques techniques, la possibilité de changements réglementaires, et les scénarios d’échec des déposants.
Historiquement, l’évolution de la position réglementaire est claire :
De 2013 à 2020, la SEC a systématiquement rejeté toutes les demandes de produits d’investissement en Bitcoin en spot, estimant que le marché n’était pas encore mature. Entre 2021 et 2023, après l’approbation de produits à terme, l’autorité a commencé à étudier sérieusement la faisabilité des produits en spot. La percée de début 2024 marque le début d’une nouvelle ère — les produits en spot ne sont plus une “question hypothétique”, mais une “question concrète”. Aujourd’hui, en 2025, des demandes comme celle de Morgan Stanley sont considérées comme une étape naturelle dans le processus commercial.
Le président de la SEC, Gary Gensler, a clairement indiqué que la conformité et la protection des investisseurs restent prioritaires. Cependant, le parcours complet depuis la mise en place des premiers ETF en spot montre que ces produits peuvent fonctionner en toute sécurité dans un cadre réglementaire strict. Ce précédent fort soutient la demande de Morgan Stanley.
Réactions en chaîne du marché face à l’entrée des institutions
Les analystes sont généralement optimistes quant à l’approbation de cette demande et à ses impacts potentiels :
Nouveau cycle de flux de capitaux : après l’approbation des ETF en spot en 2024, plusieurs centaines de milliards de dollars ont afflué, principalement de fonds cherchant une exposition passive à faible coût, ou de départements de trading propriétaires. Le trust de Morgan Stanley cible une clientèle très différente — investisseurs privés fortunés et comptes de gestion de patrimoine professionnels. Cela ouvre une nouvelle source de capitaux, potentiellement tout aussi importante.
Effet de stabilisation à long terme : la participation des institutions tend à réduire la volatilité en augmentant la profondeur du marché et la diversité des acteurs. Bien que la volatilité du Bitcoin reste élevée à court terme, la tendance à long terme devrait favoriser une découverte de prix plus mature et stable.
Effet domino de la concurrence : d’autres grands groupes financiers mondiaux ne resteront pas inactifs. Si le produit de Morgan Stanley est un succès commercial, des acteurs comme Goldman Sachs, Bank of America ou UBS accéléreront le développement de leurs propres produits et leur dépôt réglementaire. Cette compétition profitera in fine aux consommateurs, en réduisant les frais et en améliorant la qualité du service.
Amélioration du cadre réglementaire : chaque demande réussie et chaque opération enregistrée enrichissent l’expérience des régulateurs. Avec l’augmentation du nombre et de la diversité des produits, la SEC pourra établir des normes plus claires et plus prévisibles, réduisant ainsi le coût de conformité pour les futurs demandeurs.
Qu’est-ce que le formulaire S-1, et pourquoi est-il crucial ?
Le formulaire S-1 est le formulaire standard de déclaration d’enregistrement exigé par la SEC pour toute entreprise ou fonds souhaitant émettre de nouvelles valeurs mobilières au public. Pour un trust Bitcoin, ce document doit contenir une description détaillée des risques, de la stratégie de gestion, de la structure tarifaire, des arrangements de garde, et des mesures pour faire face à la manipulation du marché ou aux questions de sécurité.
La qualité et le professionnalisme du S-1 déposé par Morgan Stanley influenceront directement la rapidité de l’examen par la SEC. Une demande bien préparée, avec des détails complets, pourra obtenir une approbation en quelques mois, tandis qu’une demande incomplète ou défaillante risque de faire l’objet de multiples interrogations.
Différences concrètes entre trust Bitcoin et ETF Bitcoin : quelle importance ?
Les deux produits offrent une exposition au Bitcoin, mais leur mécanisme diffère sensiblement.
L’ETF est une structure de fonds ouvert, où le gestionnaire peut créer ou racheter des parts en fonction de la demande du marché. Cela permet à la valeur des parts de suivre étroitement la valeur sous-jacente, avec peu ou pas de prime ou de décote.
Le trust est généralement une structure fermée, avec un nombre fixe de parts émises. La négociation de ces parts peut donc se faire à un prix supérieur ou inférieur à leur valeur nette d’inventaire (VNI). Bien que cette prime ou décote tende à se réduire à long terme, elle peut créer des opportunités ou des risques à court terme pour les investisseurs ou les arbitragistes.
Pour Morgan Stanley, opter pour un trust plutôt qu’un ETF peut refléter une considération spécifique de ses clients ou une gestion différente de certains aspects opérationnels.
Quelles seront les implications pour l’investisseur particulier ?
Une fois le trust Bitcoin de Morgan Stanley approuvé et lancé, les changements pour le marché seront multiples :
Accès démocratisé : il suffira d’un compte de courtage classique pour acheter des parts du trust, sans avoir à devenir un expert technique ou à gérer des clés privées. C’est une véritable simplification.
Réduction potentielle des coûts : les produits institutionnels à grande échelle ont généralement des frais inférieurs à ceux des fonds privés ou des solutions auto-gérées. La concurrence accrue pourrait faire baisser encore ces coûts.
Rôle des conseillers en gestion de patrimoine : les conseillers pourront désormais proposer le Bitcoin comme une composante standard d’allocation, tout comme les actions, obligations ou métaux précieux. Cela modifiera la façon dont des millions d’investisseurs construisent leur portefeuille.
Changement d’attentes psychologiques : le Bitcoin, qui était perçu comme un actif spéculatif controversé, devient progressivement une “classe d’actifs légitime”. Ce changement d’état d’esprit attirera davantage de capitaux à long terme, plus prudents.
Risques à ne pas négliger
Malgré ces perspectives positives, les risques liés au trust Bitcoin restent importants :
La volatilité intrinsèque du Bitcoin demeure le principal risque. Même avec une participation institutionnelle accrue, cette classe d’actifs peut connaître des fluctuations bien supérieures à celles des actions ou des obligations. La réglementation continue d’évoluer, et de nouvelles politiques ou actions légales pourraient modifier la fiscalité ou la possibilité d’investissement. Les risques techniques liés à la sécurité (piratage d’échanges, vulnérabilités de contrats intelligents) existent, même s’ils sont rares. Enfin, la négociation à un prix supérieur ou inférieur à la VNI peut entraîner des risques pour les entrants tardifs.
Perspectives : du marginal au central
La demande de Morgan Stanley constitue un tournant, mais pas une fin en soi. L’ensemble du secteur crypto traverse une évolution de “produit spéculatif” à “actif institutionnel” à long terme. Chaque étape — du premier ETF en spot au premier trust d’une grande banque — contribue à la maturation de l’écosystème.
Pour le Bitcoin, cela signifie une transition progressive d’un actif marginal et risqué vers une composante reconnue d’un portefeuille diversifié. Ce n’est pas une transformation instantanée, mais un processus qui prendra plusieurs années, voire plus. La participation de Morgan Stanley montre que cette étape est désormais irréversible.
Du point de vue institutionnel, les grandes banques et gestionnaires d’actifs n’ont pas d’autre choix. Si leurs concurrents ont déjà franchi le pas, ne pas participer reviendrait à perdre des clients et des parts de marché. La pression concurrentielle accélérera la cadence.
Du côté réglementaire, avec l’accumulation de données et d’expériences, la SEC pourra établir des normes plus claires et plus prévisibles, réduisant ainsi le coût de conformité pour les futurs demandeurs et accélérant l’entrée des institutions.
Pour l’investisseur individuel, cela signifie une réduction significative des barrières à l’entrée, des coûts plus compétitifs, et une gamme d’options élargie. Tout cela converge vers une seule direction : les actifs numériques passent du statut de niche à celui de composante majeure, de l’aventure à la stabilité, du futur au présent.