Le rendement des obligations japonaises dépasse 4 % : la fin d'une ère et le début d'une crise de liquidité mondiale

Le rendement des obligations japonaises à 40 ans a franchi pour la première fois la barre des 4 % hier, atteignant un sommet historique depuis leur lancement en 2007. Il ne s’agit pas seulement d’une rupture numérique, mais du signe officiel de la fin de l’ère du “zéro taux d’intérêt” longtemps dépendante du Japon. Parallèlement, les marchés financiers mondiaux ont commencé à connaître de fortes turbulences — la crypto-monnaie a chuté de manière généralisée, 240 000 personnes ont été liquidées en une journée pour un total de 6,8 milliards de dollars, et l’indice Nikkei 225 a ouvert en baisse de plus de 1 %. Quelle est la cause centrale de cette tempête, et comment se propagera-t-elle à l’échelle mondiale ?

La “perte de contrôle” du rendement obligataire japonais

Selon les dernières informations, le rendement des obligations japonaises a fortement augmenté. Le taux à 10 ans a atteint 2,3 %, son plus haut niveau depuis février 1999 ; celui à 20 ans s’élève à 3,295 % ; celui à 30 ans a atteint pour la première fois 3,60 % ; et celui à 40 ans a dépassé 4 %. Ces chiffres peuvent sembler insignifiants, mais que signifient-ils pour l’économie japonaise ?

Facteurs déclencheurs : la banque centrale contrainte de lâcher prise

La Banque du Japon réduit son rythme d’achat d’obligations d’État. Selon les informations, la taille de ses achats mensuels est passée de 6 trillions de yens à 3 trillions — une réduction de moitié. La logique derrière est brutale : le yen est en train de s’effondrer. Depuis 2011, le yen s’est déprécié de 50 % par rapport au yuan. Sans action, la crédibilité du yen sera totalement détruite.

Par ailleurs, la scène politique japonaise exerce aussi une pression. Selon les sources, des élections anticipées sont prévues, et les partis politiques proposent de réduire la taxe sur la consommation pour atténuer la pression inflationniste. Bien que ces propositions soient populaires politiquement, elles alimentent les inquiétudes du marché concernant la situation fiscale du Japon — la taxe sur la consommation étant une source majeure de revenus publics, une réduction signifierait une pression fiscale accrue.

Problème plus profond

Le Japon détient environ 10 000 milliards de dollars d’obligations d’État, dont 52 % sont détenus par la banque centrale. Lorsque la banque centrale cesse ses achats massifs, le marché doit absorber ces obligations. La réaction des investisseurs est immédiate : exiger des rendements plus élevés pour compenser le risque.

C’est le début d’un cercle vicieux. Hausse des rendements obligataires → augmentation du coût du service de la dette publique → pression fiscale accrue → confiance des investisseurs en baisse → rendement encore plus élevé.

La réaction en chaîne mondiale est déjà enclenchée

Réactions du marché en temps réel

Les performances des marchés de la région Asie-Pacifique hier ont déjà montré la onde de choc :

  • L’indice Nikkei 225 et le Topix ont ouvert en baisse d’environ 1 %
  • Sumitomo Pharma chute de plus de 8 %, Sumitomo Chemical de plus de 5 %, SoftBank de près de 1,5 %
  • Les trois principaux indices à terme américains reculent : Dow Jones -0,69 %, S&P 500 -0,82 %, Nasdaq 100 -1,13 %
  • Les futures du Stoxx 50 et du DAX allemand chutent de plus de 1 %
  • La crypto-monnaie s’effondre : Bitcoin passe sous 92 000 dollars, en baisse de près de 3 % en journée ; Ethereum chute de 3,5 %
  • Près de 24 000 personnes ont été liquidées sur l’ensemble du marché, pour un total de 6,8 milliards de dollars liquidés

La menace de reflux des capitaux japonais

C’est là que réside le vrai risque. Le Japon détient plus de 1 000 milliards de dollars de dettes américaines et plusieurs milliers de milliards de dollars en actions et obligations mondiales. Ces investissements ont initialement attiré les investisseurs japonais parce que le rendement des obligations japonaises était proche de zéro — dans ce contexte, tout rendement à l’étranger semblait très attractif.

Mais la situation s’inverse maintenant. Les obligations japonaises offrent enfin un rendement réel, et sont relativement sûres. Après déduction des coûts de couverture de change, les obligations américaines deviennent en réalité une perte pour les investisseurs japonais. Selon les analyses, cela pourrait entraîner un “retrait de plusieurs centaines de milliards de dollars” du marché mondial, et ce ne sera pas un processus progressif, mais un vide de liquidités.

Risque de liquidation des arbitrages en yen

Au cours des dix dernières années, l’arbitrage en yen a été un pilier majeur des marchés financiers mondiaux. Les investisseurs empruntaient à faible coût en yen pour investir dans des actions, des crypto-monnaies, des marchés émergents et autres actifs à haut rendement. Cette stratégie fonctionnait parfaitement lorsque le yen se dépréciait.

Mais maintenant, avec la hausse des taux au Japon, le yen commence à se renforcer. Cela signifie que toutes ces positions d’arbitrage sont en perte. Lorsqu’elles seront liquidées, cela créera une forte pression vendeuse.

Avertissements historiques : la hausse des rendements précède souvent une crise

Selon les sources, les données historiques offrent des avertissements clairs :

  • Début 2023, la hausse des rendements des obligations américaines a entraîné la chute brutale de la valeur des portefeuilles obligataires de banques régionales comme Silicon Valley Bank, menant à leur faillite, et la Fed a dû intervenir pour sauver le système
  • En septembre 2022, la hausse des rendements des obligations britanniques après l’annonce du budget de Liz Truss a forcé la Banque d’Angleterre à lancer un programme d’achat d’urgence d’obligations
  • Entre 2010 et 2012, les rendements obligataires de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal et de l’Irlande ont atteint des niveaux insoutenables, obligeant la BCE à intervenir massivement

La situation actuelle du Japon est encore plus complexe. Il ne s’agit pas seulement d’un problème national, mais d’un problème pour l’un des plus grands créanciers du système financier mondial.

En résumé

Le dépassement du seuil de 4 % du rendement des obligations japonaises à 40 ans n’est pas un événement isolé, mais le début d’un test de résistance du système financier mondial. Il marque trois changements clés :

  1. Changement de politique de la Banque du Japon : passage d’une politique d’assouplissement illimité à une contraction forcée, signant la fin de l’ère du “zéro taux”

  2. Prélude à une crise de liquidité mondiale : des centaines de milliards de capitaux japonais cherchent de nouvelles destinations d’investissement, ce qui va secouer les marchés boursiers, obligataires et crypto à l’échelle mondiale

  3. Risque financier historique : la croissance économique du Japon proche de zéro, mais avec des rendements obligataires records, est une situation rare dans l’histoire, reflétant une inquiétude profonde du marché quant à ses perspectives économiques

Pour le marché des crypto-monnaies, une pression à court terme est inévitable. Mais à long terme, cela renforce justement la valeur du Bitcoin en tant qu’“actif non souverain”. Lorsque le système financier traditionnel est sous pression, l’attractivité des actifs alternatifs tend à augmenter. La baisse actuelle pourrait bien être la base d’une future hausse.

BTC-1,82%
ETH-4,1%
Cette page peut inclure du contenu de tiers fourni à des fins d'information uniquement. Gate ne garantit ni l'exactitude ni la validité de ces contenus, n’endosse pas les opinions exprimées, et ne fournit aucun conseil financier ou professionnel à travers ces informations. Voir la section Avertissement pour plus de détails.
  • Récompense
  • Commentaire
  • Reposter
  • Partager
Commentaire
0/400
Aucun commentaire
  • Épingler

Trader les cryptos partout et à tout moment
qrCode
Scan pour télécharger Gate app
Communauté
Français (Afrique)
  • بالعربية
  • Português (Brasil)
  • 简体中文
  • English
  • Español
  • Français (Afrique)
  • Bahasa Indonesia
  • 日本語
  • Português (Portugal)
  • Русский
  • 繁體中文
  • Українська
  • Tiếng Việt