Les monnaies les plus dévalorisées du monde : un panorama de 2025

Vous êtes déjà arrêté pour réfléchir à ce que signifie lorsqu’une monnaie perd 90 % de sa valeur ? Alors qu’ici au Brésil nous faisons face à des défis avec le real coté autour de R$ 5,44 (données de septembre 2025), il existe des nations où la réalité est exponentiellement plus difficile. Le real brésilien, d’ailleurs, a terminé 2024 comme la monnaie avec la pire performance parmi les principales, enregistrant une chute de 21,52 %. Cependant, cette situation pâlit face à ce qui se passe dans d’autres parties du globe, où des villes entières gèrent des monnaies qui ont presque perdu toute leur capacité d’achat.

L’arrivée de 2025 a apporté un contexte international troublé : inflation persistante sur plusieurs continents, instabilités politiques généralisées et crises économiques successives ont transformé certaines monnaies en symboles vivants de fragilité monétaire. Comprendre pourquoi cela se produit et identifier ces monnaies est essentiel non seulement par curiosité financière, mais aussi pour saisir les dynamiques macroéconomiques qui affectent des milliards de personnes.

Les mécanismes derrière l’effondrement monétaire

Il n’y a pas d’accident quand il s’agit d’une monnaie faible. Il existe toujours un ensemble de circonstances qui convergent pour créer le chaos des changes. Les principaux éléments incluent :

Inflation incontrôlée et hyperinflation : Alors que le Brésil négocie une inflation autour de 5 % en 2025, certains pays font face à des scénarios où les prix doublent mensuellement. Ce processus, connu sous le nom d’hyperinflation, consomme littéralement le pouvoir d’achat des populations, réduisant à néant des économies en quelques semaines.

Crises politiques et institutionnalité fragile : Coups d’État, conflits internes, gouvernements transitoires. Sans sécurité juridique claire, les investisseurs nationaux et étrangers cherchent refuge dans des actifs externes, drainant les réserves locales. La monnaie devient un papier sans valeur.

Isolement économique et sanctions internationales : Lorsque la communauté mondiale restreint l’accès d’une nation au système financier, elle élimine la capacité de faire du commerce international. La monnaie locale devient pratiquement inutile pour des transactions transfrontalières.

Réserves de change insuffisantes : Une Banque centrale sans dollars ou or en quantité suffisante ne peut défendre sa monnaie. C’est comme une armée sans munitions face à une attaque : elle cédera inévitablement du terrain.

Fuite massive de capitaux : Lorsque même les résidents locaux préfèrent cacher leurs dollars plutôt que de conserver leur propre monnaie nationale, des signaux d’alarme clignotent partout. Cela témoigne d’une perte de confiance institutionnelle profonde.

Les 10 monnaies les plus dévalorisées actuellement

1. Livre libanaise (LBP)

Taux : 1 million de LBP équivaut à environ R$ 61,00 (septembre 2025)

L’histoire de cette monnaie est un cas extrême d’effondrement monétaire. Officiellement, le taux de change devrait être de 1 507,5 livres par dollar, mais cette parité est devenue une fiction depuis la crise de 2020. En pratique, dans les rues de Beyrouth, il faut plus de 90 000 livres pour un seul dollar américain. Les banques ont mis en place des restrictions sévères sur les retraits, et le commerce local a migré vers des transactions en dollar. Les chauffeurs de taxi, restaurants et petits commerçants rejettent la monnaie officielle de leur propre pays.

2. Rial iranien (IRR)

Taux : 1 real brésilien = 7 751,94 rials iraniens

Les restrictions commerciales internationales ont transformé le rial en un instrument pratiquement inutile. Avec seulement R$ 100, une personne devient « millionnaire » en monnaie papier. Le gouvernement tente de contrôler artificiellement le change, mais plusieurs cotations parallèles existent simultanément. Un phénomène intéressant apparaît : de jeunes Iraniens migrent vers les cryptomonnaies comme Bitcoin et Ethereum, les traitant comme une réserve de valeur plus fiable que la monnaie nationale. Pour beaucoup, acquérir des actifs numériques est devenu une stratégie de préservation du patrimoine.

3. Dong vietnamien (VND)

Taux : Environ 25 000 VND par dollar

Contrairement aux cas précédents, le Vietnam possède une économie en expansion et des indicateurs macroéconomiques positifs. Pourtant, le dong reste historiquement faible en raison d’options délibérées de politique monétaire. Les retraits aux distributeurs génèrent des piles de billets aussi volumineuses que dans des scènes de films d’action. Pour les touristes, c’est excellent : 50 US$ offrent des jours de luxe apparent. Mais pour les Vietnamiens, cela signifie des importations coûteuses et un pouvoir d’achat international limité.

4. Kip laotien (LAK)

Taux : Environ 21 000 LAK par dollar

Le Laos connaît une dynamique d’économie petite, fortement dépendante des importations et frappée par une inflation continue. Le kip est si faible que les commerçants frontaliers avec la Thaïlande le refusent souvent, préférant accepter le baht thaïlandais.

5. Roupie indonésienne (IDR)

Taux : Environ 15 500 IDR par dollar

Malgré être la plus grande économie d’Asie du Sud-Est, l’Indonésie n’a jamais réussi à renforcer sa monnaie. Depuis 1998, la rupiah reste parmi les plus faibles au monde. Les Brésiliens trouvent des opportunités incroyables à Bali : avec R$ 200 par jour, ils vivent comme des millionnaires.

6. Som ouzbek (UZS)

Taux : Environ 12 800 UZS par dollar

L’Ouzbékistan a récemment mis en œuvre d’importantes réformes économiques, mais le som porte encore le poids de décennies d’économie fermée. Les efforts pour attirer des investissements étrangers continuent, mais la monnaie reste affaiblie.

7. Franc guinéen (GNF)

Taux : Environ 8 600 GNF par dollar

La Guinée est un paradoxe classique : abondance de ressources naturelles (or et bauxite), mais instabilité politique chronique et corruption empêchent ces richesses de se traduire en monnaie forte. Le potentiel économique ne se convertit pas en force de change.

8. Guarani paraguayen (PYG)

Taux : Environ 7,42 PYG par real

Notre voisin sud-américain maintient une économie relativement stable, mais le guarani porte la tradition historique de fragilité. Pour les Brésiliens, cela signifie continuer à profiter d’avantages à Ciudad del Este.

9. Ariary malgache (MGA)

Taux : Environ 4 500 MGA par dollar

Madagascar fait face à la réalité d’une des nations les plus pauvres de la planète. L’ariary reflète cette condition : les importations atteignent des prix prohibitifs et la population manque de pouvoir d’achat international significatif.

10. Franc du Burundi (BIF)

Taux : Environ 550,06 BIF par real

Pour clôturer la liste, nous avons une monnaie si faible que des transactions importantes nécessitent de porter littéralement des sacs de billets. L’instabilité politique permanente du Burundi se reflète directement dans sa monnaie nationale.

Leçons pour les investisseurs et observateurs mondiaux

Ce panorama des monnaies les plus dévalorisées du monde en 2025 dépasse la simple curiosité financière. Il représente des instantanés d’économies sous pression, où la confiance institutionnelle a disparu et la sécurité juridique s’est évaporée.

Pour les Brésiliens qui suivent les marchés internationaux, plusieurs enseignements clairs émergent :

Les économies fragiles présentent des risques immenses. Les monnaies bon marché peuvent séduire comme opportunités d’investissement, mais la réalité sous-jacente implique généralement des crises profondes et des risques systémiques élevés.

Les voyages et le tourisme offrent des avantages tangibles. Les destinations avec des monnaies dévaluées deviennent financièrement attrayantes pour les visiteurs porteurs de dollar, euro ou même real.

La compréhension macroéconomique s’approfondit. Observer comment les monnaies entrent en spirale descendante illustre concrètement les effets de l’inflation, de la corruption, de l’instabilité et du manque de gouvernance. Ce ne sont pas des chiffres abstraits, mais des réalités qui impactent des vies.

Rester attentif à ces facteurs signifie comprendre pourquoi la confiance, la stabilité et la qualité institutionnelle déterminent les trajectoires économiques. Pour les investisseurs, cela implique de reconnaître que la diversification géographique et en actifs transcendant les frontières offre une protection contre les dévaluations locales.

La transformation de l’argent en pouvoir ou en fragilité suit des modèles identifiables. Plus on comprend ces mécanismes, mieux on se prépare à les naviguer.

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