Pourquoi le dollar australien est-il plongé dans une dépréciation à long terme ? Analyse approfondie des causes de la dépréciation du dollar australien et des opportunités futures

L’AUD, en tant que cinquième monnaie de transaction mondiale, bénéficie d’une liquidité abondante et de spreads faibles, ce qui en ferait un investissement idéal. Cependant, la réalité est tout autre : au cours des dix dernières années, l’AUD face au dollar américain s’est dépréciée de plus de 35 %, devenant l’une des monnaies des pays développés avec la performance la plus faible.

Comprendre les raisons de cette dépréciation est essentiel pour anticiper sa tendance future. Cela concerne non seulement les fondamentaux économiques de l’Australie, mais aussi les profondes mutations de la configuration économique mondiale.

La cause centrale de la dépréciation de l’AUD : la pression systémique dans un cycle de dollar fort

La dépréciation à long terme de l’AUD n’est pas un phénomène aléatoire, mais le résultat de multiples facteurs cumulés.

Première cause : le supercycle du dollar

De 1,05 début 2013 à la fin 2023, l’AUD face au dollar a chuté de plus de 35 %, tandis que l’indice du dollar américain (DXY) a augmenté de 28,35 % sur la même période. Ce n’est pas une situation propre à l’Australie — l’euro, le yen, le dollar canadien se sont également dépréciés par rapport au dollar. Cela reflète un phénomène mondial : les États-Unis entrent dans un cycle de force prolongée de dix ans.

La performance exceptionnelle du dollar repose sur l’avantage relatif de l’économie américaine, la politique de hausse agressive des taux par la Fed, et l’attractivité des rendements obligataires américains. Dans ce contexte, la dépréciation de l’AUD s’explique simplement : ce n’est pas le dollar qui faiblit, mais l’Australie.

Deuxième cause : la perte d’avantage de la différence de taux d’intérêt

L’AUD a longtemps été qualifiée de « monnaie à haut rendement », chouchou des traders de carry trade. Mais avec la divergence de politique monétaire entre la RBA et la Fed, cet avantage s’est progressivement réduit.

Entre 2009 et 2011, les taux d’intérêt en Australie étaient nettement supérieurs à ceux des États-Unis, soutenus par la forte reprise économique chinoise et la demande de matières premières, ce qui a permis à l’AUD d’atteindre environ 1,05. Mais en 2023-2024, la convergence des spreads de taux a réduit l’attractivité de l’AUD, rendant sa faiblesse prolongée logique.

Actuellement, le taux de cash de la RBA tourne autour de 3,60 %, avec une anticipation de nouvelle hausse à 3,85 % en 2026. Mais le problème central demeure : les taux américains restent élevés, rendant difficile la reconquête de l’avantage de taux.

La destinée des monnaies de matières premières : variables externes de la dépréciation de l’AUD

L’Australie étant un pays typique d’exportation de matières premières, ses fluctuations dépendent fortement du cycle des commodities.

Le moteur clé de la dépréciation : la faiblesse de la demande chinoise

En 2020, lors de la pandémie, la gestion de la crise en Australie a été relativement stable, et la demande asiatique — en particulier chinoise — pour le minerai de fer, le charbon, le gaz naturel, a été robuste, poussant l’AUD face au dollar américain à augmenter d’environ 38 % en un an. Ce fut l’un des moments les plus brillants pour l’AUD ces dernières années.

Mais la tendance s’est rapidement inversée. La reprise économique chinoise a montré ses limites, la crise immobilière persiste, les investissements en infrastructure ont plafonné, et la demande en minerai de fer a chuté rapidement depuis son sommet. La dépréciation de l’AUD trouve alors une explication : sans le soutien de la Chine, l’AUD perd son principal moteur de hausse.

Même si le minerai de fer rebondit à court terme, la faiblesse structurelle de la demande chinoise entraîne souvent un « sursaut puis reflux » de l’AUD. La reprise prévue pour le second semestre 2025 illustre cette logique : une hausse des matières premières à court terme, avec l’AUD atteignant 0,6636, mais sans fondamentaux solides pour soutenir une tendance haussière durable.

La dimension politique de la dépréciation de l’AUD : guerre commerciale et dilemme structurel

Les ajustements fréquents de la politique tarifaire américaine exercent une nouvelle pression sur l’AUD.

Les pays exportateurs de matières premières sont souvent en première ligne lors de l’escalade des tensions commerciales mondiales. La hausse des tarifs entraîne une baisse de la demande globale, impactant directement les exportations australiennes. La chute des prix des métaux et de l’énergie prive l’AUD de son statut de monnaie de matières premières, ce qui constitue une variable supplémentaire dans la dépréciation récente.

Par ailleurs, l’économie intérieure australienne montre des signes de faiblesse. Dans un contexte d’inflation élevée et de taux d’intérêt élevés, les ménages australiens sont lourdement endettés, la croissance de la consommation est faible, et l’attractivité des actifs diminue. Cela réduit encore l’intérêt des capitaux étrangers pour les actifs australiens.

Divergences des prévisions du marché sur l’avenir de l’AUD

Les grandes institutions affichent des opinions divergentes sur la tendance à moyen terme de l’AUD, reflétant des jugements contrastés sur la capacité à atténuer ses causes de dépréciation.

Optimistes

Morgan Stanley prévoit que l’AUD face au dollar pourrait atteindre 0,72 d’ici la fin de l’année, en supposant que la RBA maintiendra une posture hawkish et que la hausse des prix des matières premières soutiendra cette tendance. La modèle statistique de Traders Union indique une moyenne d’environ 0,6875 fin 2026 (intervalle 0,6738-0,7012), et une progression à 0,725 fin 2027.

Ces prévisions partagent la logique suivante : si l’économie américaine atterrit en douceur et que l’indice dollar baisse, l’AUD, en tant qu’actif risqué, en bénéficiera.

Prudents

UBS adopte une position plus prudente, estimant que l’incertitude du commerce mondial et les changements de politique de la Fed limiteront la hausse de l’AUD, avec une prévision d’environ 0,68 à la fin de l’année. CBA Economists avertit que la reprise de l’AUD pourrait être de courte durée, anticipant un sommet en mars 2026, puis une nouvelle baisse d’ici la fin de l’année.

La possibilité d’inverser la dépréciation de l’AUD : trois conditions nécessaires

Pour qu’un véritable cycle haussier à moyen/long terme se mette en place, trois conditions doivent être réunies simultanément :

Condition 1 : la RBA doit redevenir hawkish

La RBA doit maintenir ou renforcer sa politique de hausse des taux face à une inflation persistante et un marché du travail résilient, afin de restaurer ou renforcer l’écart de taux avec la Fed. C’est la condition sine qua non pour inverser la tendance de dépréciation.

Condition 2 : une amélioration substantielle de la demande chinoise

Une amélioration claire des politiques d’infrastructure, de l’activité manufacturière et du secteur immobilier est nécessaire pour relancer la demande en minerai de fer, charbon, etc., et profiter à l’exportation australienne, ce qui soutiendra l’AUD. Un rebond ponctuel des matières premières ne suffit pas.

Condition 3 : un affaiblissement structurel du dollar

La Fed doit entamer une baisse durable des taux, entraînant une tendance baissière du dollar, et améliorer la flux de capitaux vers les actifs risqués, permettant à l’AUD de bénéficier d’un environnement externe plus favorable.

Si une seule de ces conditions manque, l’AUD risque de rester dans une fourchette de fluctuation plutôt que de connaître une hausse unilatérale.

Court terme vs long terme

Au premier semestre 2026, l’AUD pourrait osciller entre 0,68 et 0,70, influencé par les données économiques chinoises et la volatilité de l’emploi non agricole américain. La cause de la dépréciation de l’AUD sera difficile à éliminer à court terme, mais la solidité des fondamentaux australiens et la posture hawkish relative de la RBA limitent le risque d’un effondrement brutal.

Sur le long terme, l’avantage structurel du dollar demeure. La possibilité pour l’AUD de dépasser 1,0 à court terme est faible. Cependant, le rôle de l’Australie en tant que pays exportateur de ressources, bénéficiaire du cycle des matières premières, reste intact, et les facteurs favorables à moyen terme restent pertinents.

La complexité de la dépréciation de l’AUD réside dans le fait qu’elle est influencée par une interaction de cycles macroéconomiques, de choix politiques et de demandes externes. Comprendre comment ces forces interagissent est plus pertinent que de simplement prévoir le taux de change. Pour les traders, la forte liquidité de l’AUD et la régularité de sa volatilité offrent justement des opportunités pour capter ces dynamiques.

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