Trump furieux de la petite ampleur de la baisse des taux, BTC repasse au-delà de 90 000 : ce n’est pas une simple fluctuation, c’est une "conflit de pouvoir" qui déstabilise le marché — sur la politisation de la politique monétaire américaine et sa reconstruction du mécanisme de fixation des prix des actifs cryptographiques
La turbulence des marchés financiers à la fin de 2024 ne peut être résumée à une baisse de 25 points de base. Lorsque le président de la Fed, Powell, annonce une réduction de la fourchette du taux des fonds fédéraux à 4,25%-4,50%, le marché n’accueille pas la fête habituelle des actifs risqués. Au contraire, le Bitcoin (BTC), après avoir brièvement atteint un sommet à 94 500 dollars, chute rapidement sous la barre des 90 000 dollars, avec un volume d’échanges et une volatilité en forte hausse. La racine de cette anomalie ne réside pas dans la politique monétaire elle-même, mais dans la déclaration forte de l’ancien président Trump : "La baisse des taux est trop faible, elle devrait au moins doubler" — et dans une insinuation encore plus subversive : "Je pourrais changer le président de la Fed."
Le poids de ces deux déclarations suffit à faire prendre conscience au marché d’un changement de paradigme fondamental : la politique monétaire américaine passe d’un "moteur économique" à une "politique de cycle électoral". La chute du BTC n’est pas une simple correction technique, mais une réévaluation du risque face à un conflit de pouvoir institutionnel, en tant qu’"actif anticipé" le plus sensible du marché. Cet article vise à analyser la logique profonde de ce conflit, ses mécanismes de transmission et ses impacts à long terme sur le cadre de fixation des prix des actifs cryptographiques.
I|Après la baisse des taux, le BTC ne monte pas, il baisse : défaillance de la tarification en période de divergence de politique
La théorie traditionnelle de la transmission de la politique monétaire veut que la baisse des taux, en réduisant le taux sans risque et en augmentant la prime de risque, doive faire monter les actifs risqués. Surtout dans un contexte macro où les flux vers les ETF continuent, et où le marché boursier américain reste robuste, la chute du BTC apparaît d’autant plus anormale. Selon BiyaPay, l’analyseur, "cette baisse n’a pas changé la perception du marché quant à la trajectoire future de l’économie et de l’inflation, qui reste fondamentalement incertaine." Cela indique que le marché n’évolue pas dans un environnement "d’assouplissement classique", mais dans un "régime de divergence de politique" (Policy Divergence Regime).
Ce régime de divergence de politique désigne une situation où, en l’absence d’un consensus social large sur la direction de la politique monétaire, et en présence de conflits ouverts entre différents acteurs de pouvoir sur la trajectoire à suivre, les prix des actifs ne sont plus uniquement guidés par les fondamentaux ou la liquidité, mais par une peur panique de l’"incertitude sur les règles de politique". Ses caractéristiques : rupture de la corrélation traditionnelle (ex : déconnexion entre baisse des taux et actifs risqués), amplification asymétrique de la volatilité, chocs d’information à court terme bien plus importants que leur impact réel à long terme.
La raison pour laquelle cette baisse des taux "doit" avoir lieu, plutôt que d’être une politique d’assouplissement volontaire, réside dans le contexte de "stagflation" où la faiblesse marginale du marché du travail coexiste avec une inflation persistante. La Fed, oscillant entre ses deux missions, a rendu cette baisse plus une réponse passive aux données économiques qu’un vote de confiance dans la croissance. Dans ce contexte, le BTC, en tant qu’actif peu sensible aux "anticipations de liquidité futures" et très sensible à la "stabilité institutionnelle présente", affiche naturellement une posture défensive, refusant de monter. Le marché ne manque pas de liquidité, mais de confiance dans la continuité de la politique.
II|L’impact destructeur des déclarations de Trump : un choc systémique qui remet en cause l’autorité de la Fed
Ce qui explique la forte volatilité provoquée par Trump, ce n’est pas la justesse de sa logique économique, mais le défi systémique à l’indépendance de la banque centrale. L’un des piliers du système financier moderne est la crédibilité d’une banque centrale indépendante, capable de prendre des décisions basées sur des données économiques, hors des pressions politiques à court terme. Lorsqu’un candidat présidentiel très en vue nie publiquement la décision de la Fed et laisse entendre une intervention dans la nomination, l’impact sur la confiance du marché dépasse de loin tout choc lié à des données économiques.
Concrètement, cet impact se manifeste à trois niveaux :
1. L’effondrement de la prévisibilité des règles. Le marché s’appuie sur un modèle de la réaction de la Fed pour valoriser les actifs. Si le chef de la banque centrale devient une variable politique, la fonction de réaction devient instable, rendant obsolètes tous les modèles basés sur des données historiques. Les investisseurs ne peuvent plus prévoir si, après 2025, la politique monétaire suivra la règle de Taylor ou sera dictée par la logique électorale.
2. La déstabilisation de l’ancrage des anticipations d’inflation à long terme. L’indépendance de la banque centrale est essentielle pour la stabilité des anticipations d’inflation. L’histoire montre que l’ingérence politique accroît le risque moral de monétisation des déficits, ce qui revalorise l’inflation à long terme. La chute du BTC reflète aussi une défiance quant à la capacité de son "or numérique" à jouer son rôle anti-inflationniste dans un environnement de politisation extrême.
3. La confrontation ouverte des cadres de contrepoids. Les déclarations de Trump mettent en lumière, voire exacerbent, la tension potentielle entre la Fed et l’exécutif. Le marché doit désormais intégrer un nouveau facteur — le "risque de conflit institutionnel" — qui exige une prime de risque supplémentaire. Cette prime ne peut pas être captée par un simple indice de volatilité (VIX), mais se manifeste dans la confusion des corrélations inter-actifs et la redéfinition du périmètre des actifs refuges.
En tant qu’"actif marginal" mêlé à des "actifs principaux", le profil des détenteurs de BTC — hedge funds sensibles à la politique et fonds souverains — s’accroît rapidement. Ces acteurs, face au risque institutionnel, réduisent leur exposition aux actifs à forte incertitude politique, BTC en premier.
III|Le langage du prix du BTC : le marché refuse le "faux assouplissement"
La chute du BTC de 94 500 à moins de 90 000 dollars traduit une déclaration claire du marché : "Votre baisse des taux, je n’y crois pas." C’est une négation directe de l’efficacité de la politique monétaire en cours, et un signal clair de déconstruction du récit traditionnel "baisse des taux = hausse des actifs risqués".
Les contradictions du contexte actuel s’expriment à quatre niveaux :
• Divergence entre baisse des taux et perspectives économiques : la baisse n’accompagne pas une relance, au contraire, Trump accentue la peur de récession.
• Flux ETF et pressions vendeuses coexistent : si le flux net vers les ETF spot est positif, la pression de décollecte des mineurs, la prise de bénéfices des investisseurs à long terme, et la vente à découvert par les hedge funds sont plus fortes.
• Optimisme boursier et faiblesse structurelle du BTC : le S&P 500 reste à ses sommets historiques, reflétant une évaluation d’un "atterrissage en douceur", tandis que le décalage du BTC indique une évaluation plus honnête du "risque dur".
• Annonces positives et réaction faible : ni baisse des taux ni flux ETF n’ont réussi à faire remonter le prix, ce qui montre que le marché attend un vrai "événement décisif" (Trump Card), et non des bruits macroéconomiques.
Ce comportement révèle une problématique centrale : le BTC est en "zone de vide macroéconomique" pour sa tarification. En l’absence d’orientation claire de la politique monétaire, fiscale ou réglementaire, il ne peut pas construire de récit de tendance. Son prix n’est plus une découverte de valeur, mais un enjeu de court terme, réagissant excessivement à chaque mouvement. Cet état pourrait durer jusqu’à l’élection américaine de 2025, lorsque l’incertitude politique sera levée.
IV|La logique économique de Trump : maximisation de l’utilité politique et court-termisme monétaire
Pour comprendre le mécontentement de Trump face à la baisse de 25 points de base, il faut dépasser la simple logique macroéconomique pour saisir la structure sous-jacente de son modèle politique. La pensée économique de Trump n’est pas fondée sur le keynésianisme ou le monétarisme académique, mais sur une "fonction d’utilité politique" — maximiser la perception économique des électeurs durant le cycle électoral, pour convertir cela en votes.
Dans cette optique, la politique monétaire devient un outil de gestion électorale : plus la baisse est forte, plus l’effet de stimulation à court terme est perçu comme positif par les électeurs. La baisse progressive de 25 points de base, pour Trump, est une faiblesse de la Fed dans une "période critique" politique, incapable de fournir un "stimulus perceptible" pour changer la perception électorale.
Ce raisonnement ouvre deux futurs diamétralement opposés, que le marché évalue aujourd’hui :
1. Victoire de Trump : la Fed sera fortement politisée, la politique monétaire deviendra plus agressive, à court terme, plus soumise au cycle électoral. À long terme, cela affaiblira la crédibilité du dollar, augmentera la prime d’inflation, ce qui serait théoriquement favorable au BTC. Mais, en période de turbulence institutionnelle et de réorganisation des règles, cela pourrait provoquer des fluctuations violentes, avec une phase initiale de "dépréciation du risque institutionnel" pour le BTC.
2. Échec de Trump : si le candidat démocrate maintient la ligne économique actuelle, la Fed conservera son indépendance, la politique monétaire redeviendra dépendante des données, avec une meilleure prévisibilité, une réduction de la prime de risque, mais une croissance plus modérée et une régulation plus stricte, limitant le potentiel de développement à long terme des cryptos.
Les fluctuations actuelles du BTC reflètent cette anticipation duale, le marché "hédant" entre ces deux scénarios, leur donnant une probabilité pondérée.
V|Mécanisme d’amplification de la volatilité en "marché sans maître" : quand le marché perd ses ancrages
L’alerte de BiyaPay sur "l’amplification des fluctuations à court terme" décrit précisément la caractéristique d’un marché "sans maître" (Anchorless Market). Ce n’est pas l’absence d’acteurs, mais la disparition de l’"ancrage politique" dans la fixation des prix, entraînant une confusion directionnelle.
Ses caractéristiques techniques :
1. Incertitude sur la direction de la Fed : chaque publication de données peut inverser la tendance à court terme, provoquant des réactions excessives.
2. Augmentation de l’intervention politique : déclarations des candidats, sondages, jeux d’électeurs, deviennent des facteurs de prix, hors du cadre économique traditionnel.
3. Forte divergence des attentes : la variance des prévisions de taux pour 2025 atteint des sommets historiques, avec un manque de confiance dans la poursuite d’une tendance claire.
4. Fragmentation de la liquidité : dans un contexte de QT (quantitative tightening), la liquidité est éclatée, événementielle, plutôt que fluide ou abondante.
5. Prudence des positions : la hausse de la volatilité asymétrique rend les rendements ajustés au risque flous, incitant à la prudence, avec une profondeur de marché faible.
Dans ce cadre, les cryptos comme le BTC présentent une configuration "d’un plafond (risques réglementaires, incertitudes systémiques) et d’un plancher (liquidité qui se retire, liquidations en chaîne)". La chute sous 90 000 dollars n’est pas une défaillance technique, mais une auto-activation de la peur, amplifiée par l’absence d’ancrage politique.
Conclusion : la persistance du conflit de pouvoir et la mutation paradigmatique des cryptos
La question centrale — "BTC sous 90 000, c’est la fin ?" — n’est qu’une apparence. La vraie question est : "Combien de temps durera le conflit systémique entre la Fed et Trump, et comment cette lutte va-t-elle remodeler la règle de valorisation des actifs mondiaux ?"
Tant que ce conflit perdurera, le BTC ne suivra pas une tendance univoque. Il oscillera entre bruit politique, données macro et fragmentation de la liquidité, devenant un indicateur en temps réel de "l’instabilité institutionnelle". Un environnement cauchemardesque pour les investisseurs traditionnels, mais un terrain fertile pour ceux qui comprennent sa logique, en stratégies de volatilité.
Plus profondément, cette chute du BTC marque la transition de l’actif "de spéculation marginale" à "outil de couverture macroéconomique". Il n’est plus seulement un levier en période d’appétit pour le risque, mais un système d’alerte précoce face à l’exposition aux risques systémiques. La dégradation de la confiance dans la politique se reflétera d’abord dans le prix du BTC, de façon la plus honnête, rapide et brutale.
À la fin 2024, une vérité inquiétante apparaît : lorsque la plus grande économie mondiale ne parvient pas à atteindre un minimum de consensus politique sur sa politique monétaire, tous les mécanismes de valorisation doivent intégrer la nouvelle dimension du "risque de collapse institutionnel". La volatilité du BTC n’est qu’un premier coup de tonnerre de cette crise silencieuse.
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Trump furieux de la petite ampleur de la baisse des taux, BTC repasse au-delà de 90 000 : ce n’est pas une simple fluctuation, c’est une "conflit de pouvoir" qui déstabilise le marché — sur la politisation de la politique monétaire américaine et sa reconstruction du mécanisme de fixation des prix des actifs cryptographiques
La turbulence des marchés financiers à la fin de 2024 ne peut être résumée à une baisse de 25 points de base. Lorsque le président de la Fed, Powell, annonce une réduction de la fourchette du taux des fonds fédéraux à 4,25%-4,50%, le marché n’accueille pas la fête habituelle des actifs risqués. Au contraire, le Bitcoin (BTC), après avoir brièvement atteint un sommet à 94 500 dollars, chute rapidement sous la barre des 90 000 dollars, avec un volume d’échanges et une volatilité en forte hausse. La racine de cette anomalie ne réside pas dans la politique monétaire elle-même, mais dans la déclaration forte de l’ancien président Trump : "La baisse des taux est trop faible, elle devrait au moins doubler" — et dans une insinuation encore plus subversive : "Je pourrais changer le président de la Fed."
Le poids de ces deux déclarations suffit à faire prendre conscience au marché d’un changement de paradigme fondamental : la politique monétaire américaine passe d’un "moteur économique" à une "politique de cycle électoral". La chute du BTC n’est pas une simple correction technique, mais une réévaluation du risque face à un conflit de pouvoir institutionnel, en tant qu’"actif anticipé" le plus sensible du marché. Cet article vise à analyser la logique profonde de ce conflit, ses mécanismes de transmission et ses impacts à long terme sur le cadre de fixation des prix des actifs cryptographiques.
I|Après la baisse des taux, le BTC ne monte pas, il baisse : défaillance de la tarification en période de divergence de politique
La théorie traditionnelle de la transmission de la politique monétaire veut que la baisse des taux, en réduisant le taux sans risque et en augmentant la prime de risque, doive faire monter les actifs risqués. Surtout dans un contexte macro où les flux vers les ETF continuent, et où le marché boursier américain reste robuste, la chute du BTC apparaît d’autant plus anormale. Selon BiyaPay, l’analyseur, "cette baisse n’a pas changé la perception du marché quant à la trajectoire future de l’économie et de l’inflation, qui reste fondamentalement incertaine." Cela indique que le marché n’évolue pas dans un environnement "d’assouplissement classique", mais dans un "régime de divergence de politique" (Policy Divergence Regime).
Ce régime de divergence de politique désigne une situation où, en l’absence d’un consensus social large sur la direction de la politique monétaire, et en présence de conflits ouverts entre différents acteurs de pouvoir sur la trajectoire à suivre, les prix des actifs ne sont plus uniquement guidés par les fondamentaux ou la liquidité, mais par une peur panique de l’"incertitude sur les règles de politique". Ses caractéristiques : rupture de la corrélation traditionnelle (ex : déconnexion entre baisse des taux et actifs risqués), amplification asymétrique de la volatilité, chocs d’information à court terme bien plus importants que leur impact réel à long terme.
La raison pour laquelle cette baisse des taux "doit" avoir lieu, plutôt que d’être une politique d’assouplissement volontaire, réside dans le contexte de "stagflation" où la faiblesse marginale du marché du travail coexiste avec une inflation persistante. La Fed, oscillant entre ses deux missions, a rendu cette baisse plus une réponse passive aux données économiques qu’un vote de confiance dans la croissance. Dans ce contexte, le BTC, en tant qu’actif peu sensible aux "anticipations de liquidité futures" et très sensible à la "stabilité institutionnelle présente", affiche naturellement une posture défensive, refusant de monter. Le marché ne manque pas de liquidité, mais de confiance dans la continuité de la politique.
II|L’impact destructeur des déclarations de Trump : un choc systémique qui remet en cause l’autorité de la Fed
Ce qui explique la forte volatilité provoquée par Trump, ce n’est pas la justesse de sa logique économique, mais le défi systémique à l’indépendance de la banque centrale. L’un des piliers du système financier moderne est la crédibilité d’une banque centrale indépendante, capable de prendre des décisions basées sur des données économiques, hors des pressions politiques à court terme. Lorsqu’un candidat présidentiel très en vue nie publiquement la décision de la Fed et laisse entendre une intervention dans la nomination, l’impact sur la confiance du marché dépasse de loin tout choc lié à des données économiques.
Concrètement, cet impact se manifeste à trois niveaux :
1. L’effondrement de la prévisibilité des règles. Le marché s’appuie sur un modèle de la réaction de la Fed pour valoriser les actifs. Si le chef de la banque centrale devient une variable politique, la fonction de réaction devient instable, rendant obsolètes tous les modèles basés sur des données historiques. Les investisseurs ne peuvent plus prévoir si, après 2025, la politique monétaire suivra la règle de Taylor ou sera dictée par la logique électorale.
2. La déstabilisation de l’ancrage des anticipations d’inflation à long terme. L’indépendance de la banque centrale est essentielle pour la stabilité des anticipations d’inflation. L’histoire montre que l’ingérence politique accroît le risque moral de monétisation des déficits, ce qui revalorise l’inflation à long terme. La chute du BTC reflète aussi une défiance quant à la capacité de son "or numérique" à jouer son rôle anti-inflationniste dans un environnement de politisation extrême.
3. La confrontation ouverte des cadres de contrepoids. Les déclarations de Trump mettent en lumière, voire exacerbent, la tension potentielle entre la Fed et l’exécutif. Le marché doit désormais intégrer un nouveau facteur — le "risque de conflit institutionnel" — qui exige une prime de risque supplémentaire. Cette prime ne peut pas être captée par un simple indice de volatilité (VIX), mais se manifeste dans la confusion des corrélations inter-actifs et la redéfinition du périmètre des actifs refuges.
En tant qu’"actif marginal" mêlé à des "actifs principaux", le profil des détenteurs de BTC — hedge funds sensibles à la politique et fonds souverains — s’accroît rapidement. Ces acteurs, face au risque institutionnel, réduisent leur exposition aux actifs à forte incertitude politique, BTC en premier.
III|Le langage du prix du BTC : le marché refuse le "faux assouplissement"
La chute du BTC de 94 500 à moins de 90 000 dollars traduit une déclaration claire du marché : "Votre baisse des taux, je n’y crois pas." C’est une négation directe de l’efficacité de la politique monétaire en cours, et un signal clair de déconstruction du récit traditionnel "baisse des taux = hausse des actifs risqués".
Les contradictions du contexte actuel s’expriment à quatre niveaux :
• Divergence entre baisse des taux et perspectives économiques : la baisse n’accompagne pas une relance, au contraire, Trump accentue la peur de récession.
• Flux ETF et pressions vendeuses coexistent : si le flux net vers les ETF spot est positif, la pression de décollecte des mineurs, la prise de bénéfices des investisseurs à long terme, et la vente à découvert par les hedge funds sont plus fortes.
• Optimisme boursier et faiblesse structurelle du BTC : le S&P 500 reste à ses sommets historiques, reflétant une évaluation d’un "atterrissage en douceur", tandis que le décalage du BTC indique une évaluation plus honnête du "risque dur".
• Annonces positives et réaction faible : ni baisse des taux ni flux ETF n’ont réussi à faire remonter le prix, ce qui montre que le marché attend un vrai "événement décisif" (Trump Card), et non des bruits macroéconomiques.
Ce comportement révèle une problématique centrale : le BTC est en "zone de vide macroéconomique" pour sa tarification. En l’absence d’orientation claire de la politique monétaire, fiscale ou réglementaire, il ne peut pas construire de récit de tendance. Son prix n’est plus une découverte de valeur, mais un enjeu de court terme, réagissant excessivement à chaque mouvement. Cet état pourrait durer jusqu’à l’élection américaine de 2025, lorsque l’incertitude politique sera levée.
IV|La logique économique de Trump : maximisation de l’utilité politique et court-termisme monétaire
Pour comprendre le mécontentement de Trump face à la baisse de 25 points de base, il faut dépasser la simple logique macroéconomique pour saisir la structure sous-jacente de son modèle politique. La pensée économique de Trump n’est pas fondée sur le keynésianisme ou le monétarisme académique, mais sur une "fonction d’utilité politique" — maximiser la perception économique des électeurs durant le cycle électoral, pour convertir cela en votes.
Dans cette optique, la politique monétaire devient un outil de gestion électorale : plus la baisse est forte, plus l’effet de stimulation à court terme est perçu comme positif par les électeurs. La baisse progressive de 25 points de base, pour Trump, est une faiblesse de la Fed dans une "période critique" politique, incapable de fournir un "stimulus perceptible" pour changer la perception électorale.
Ce raisonnement ouvre deux futurs diamétralement opposés, que le marché évalue aujourd’hui :
1. Victoire de Trump : la Fed sera fortement politisée, la politique monétaire deviendra plus agressive, à court terme, plus soumise au cycle électoral. À long terme, cela affaiblira la crédibilité du dollar, augmentera la prime d’inflation, ce qui serait théoriquement favorable au BTC. Mais, en période de turbulence institutionnelle et de réorganisation des règles, cela pourrait provoquer des fluctuations violentes, avec une phase initiale de "dépréciation du risque institutionnel" pour le BTC.
2. Échec de Trump : si le candidat démocrate maintient la ligne économique actuelle, la Fed conservera son indépendance, la politique monétaire redeviendra dépendante des données, avec une meilleure prévisibilité, une réduction de la prime de risque, mais une croissance plus modérée et une régulation plus stricte, limitant le potentiel de développement à long terme des cryptos.
Les fluctuations actuelles du BTC reflètent cette anticipation duale, le marché "hédant" entre ces deux scénarios, leur donnant une probabilité pondérée.
V|Mécanisme d’amplification de la volatilité en "marché sans maître" : quand le marché perd ses ancrages
L’alerte de BiyaPay sur "l’amplification des fluctuations à court terme" décrit précisément la caractéristique d’un marché "sans maître" (Anchorless Market). Ce n’est pas l’absence d’acteurs, mais la disparition de l’"ancrage politique" dans la fixation des prix, entraînant une confusion directionnelle.
Ses caractéristiques techniques :
1. Incertitude sur la direction de la Fed : chaque publication de données peut inverser la tendance à court terme, provoquant des réactions excessives.
2. Augmentation de l’intervention politique : déclarations des candidats, sondages, jeux d’électeurs, deviennent des facteurs de prix, hors du cadre économique traditionnel.
3. Forte divergence des attentes : la variance des prévisions de taux pour 2025 atteint des sommets historiques, avec un manque de confiance dans la poursuite d’une tendance claire.
4. Fragmentation de la liquidité : dans un contexte de QT (quantitative tightening), la liquidité est éclatée, événementielle, plutôt que fluide ou abondante.
5. Prudence des positions : la hausse de la volatilité asymétrique rend les rendements ajustés au risque flous, incitant à la prudence, avec une profondeur de marché faible.
Dans ce cadre, les cryptos comme le BTC présentent une configuration "d’un plafond (risques réglementaires, incertitudes systémiques) et d’un plancher (liquidité qui se retire, liquidations en chaîne)". La chute sous 90 000 dollars n’est pas une défaillance technique, mais une auto-activation de la peur, amplifiée par l’absence d’ancrage politique.
Conclusion : la persistance du conflit de pouvoir et la mutation paradigmatique des cryptos
La question centrale — "BTC sous 90 000, c’est la fin ?" — n’est qu’une apparence. La vraie question est : "Combien de temps durera le conflit systémique entre la Fed et Trump, et comment cette lutte va-t-elle remodeler la règle de valorisation des actifs mondiaux ?"
Tant que ce conflit perdurera, le BTC ne suivra pas une tendance univoque. Il oscillera entre bruit politique, données macro et fragmentation de la liquidité, devenant un indicateur en temps réel de "l’instabilité institutionnelle". Un environnement cauchemardesque pour les investisseurs traditionnels, mais un terrain fertile pour ceux qui comprennent sa logique, en stratégies de volatilité.
Plus profondément, cette chute du BTC marque la transition de l’actif "de spéculation marginale" à "outil de couverture macroéconomique". Il n’est plus seulement un levier en période d’appétit pour le risque, mais un système d’alerte précoce face à l’exposition aux risques systémiques. La dégradation de la confiance dans la politique se reflétera d’abord dans le prix du BTC, de façon la plus honnête, rapide et brutale.
À la fin 2024, une vérité inquiétante apparaît : lorsque la plus grande économie mondiale ne parvient pas à atteindre un minimum de consensus politique sur sa politique monétaire, tous les mécanismes de valorisation doivent intégrer la nouvelle dimension du "risque de collapse institutionnel". La volatilité du BTC n’est qu’un premier coup de tonnerre de cette crise silencieuse.