Impossible d’échanger contre du pétrole lorsque l’arrêt des combats ne fait baisser les prix ; l’Iran ne laisse passer que 12 navires par jour et facture aussi des frais de péage trop élevés.

Le détroit d’Hormuz après la cessation des hostilités ne revient pas à la normale : il s’est vu remplacer par un nouveau cadre de contrôle. L’Iran limite ainsi le nombre de passages quotidiens à environ 12 navires, tout en imposant le paiement de péages. Selon le Wall Street Journal, des médiateurs arabes indiquent que Téhéran cherche, par le biais de l’accord de cessez-le-feu, à figer durablement le contrôle des voies d’eau conquises en temps de guerre, plongeant ainsi les marchés mondiaux de l’énergie dans une nouvelle vague de turbulences.
(Contexte : Trump a lancé « détruire l’ensemble du territoire » et l’Iran a refusé de cesser les hostilités. Polymarket prédit une probabilité de 99 % : fin avril, les forces américaines envahissent et déclenchent la guerre ?)
(Suite d’informations : signes de la réouverture du détroit d’Hormuz ? Ministère des Affaires étrangères iranien : les navires non belligérants ont déjà pu passer après une « coordination »)

Table des matières de l’article

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  • Premier jour de la cessation des hostilités : 4 navires autorisés à passer
  • Diffusion d’alerte des Gardiens de la révolution : passage non autorisé exposé à la destruction
  • Trump lance « ouverture sans limites », l’Iran n’en tient pas compte
  • Les pays producteurs de pétrole du Golfe et les pays consommateurs d’Europe et d’Asie partagent le même choc

Chaque jour 12 navires, péages obligatoires, et nécessité de se coordonner avec les Gardiens de la révolution avant de passer : tels sont les nouveaux règles du détroit d’Hormuz après la cessation des hostilités. Par rapport à la norme d’avant-guerre, où plus de 100 navires passaient chaque jour, l’écart est immense.

D’après le Wall Street Journal, des médiateurs arabes indiquent que l’Iran a officiellement notifié toutes les parties : le nombre maximum de navires passant par le détroit chaque jour sera fixé à environ 12, et il exige que les navires conviennent à l’avance des modalités de péage. Selon des informations, le tarif proposé par l’Iran s’élève à 1 dollar de péage par baril de pétrole, et il accepte le paiement en crypto-monnaies.

Premier jour de la cessation des hostilités : 4 navires autorisés à passer

Les chiffres disent tout. D’après des statistiques de S&P Global Market Intelligence, le premier mercredi après que les deux parties, États-Unis et Iran, aient conclu un accord de cessez-le-feu de deux semaines, seuls 4 navires ont été autorisés à passer ce jour-là, un record correspondant au niveau le plus bas observé depuis le mois d’avril. Et dès le premier jour de l’entrée en vigueur de l’accord, ce n’était qu’environ 15 navires. En revanche, avant la cessation des hostilités, ce passage maritime supportait plus de 100 navires par jour, avec un volume de transport dépassant 20 millions de barils de pétrole, soit plus de 20 % de la consommation quotidienne mondiale.

Un journaliste souligne que cet arrangement iranien n’est pas fortuit : il s’agit d’une institutionnalisation de la « prime de guerre ». Pendant le conflit, l’Iran, en frappant des navires tentant de passer sans autorisation, a pris un contrôle effectif de cette route énergétique la plus cruciale au monde ; désormais, une fois l’accord de cessez-le-feu mis en place, Téhéran transforme ce contrôle temporaire en un mécanisme de revenus pérenne.

Diffusion d’alerte des Gardiens de la révolution : passage non autorisé exposé à la destruction

Mercredi matin, la situation demeure chargée de poudre. Selon un enregistrement partagé par un marin avec le Wall Street Journal, l’Iran, dans le détroit d’Hormuz, diffuse par radio ondes très hautes fréquences (VHF) sur le trafic maritime à destination de tous les navires du golfe Persique et du golfe d’Oman : ceux qui passent sans l’autorisation de la marine des Gardiens de la révolution courent le risque d’être détruits.

Les médiateurs et des courtiers maritimes ont confirmé au journal que, jusque-là, les navires devaient désormais se coordonner directement avec les Gardiens de la révolution islamique : cette force paramilitaire, inscrite à la fois par les États-Unis et l’Union européenne comme organisation terroriste, devient officiellement le « portier » du détroit d’Hormuz.

Dans le même temps, le 8 avril, les autorités portuaires et maritimes iraniennes ont publié une carte des voies de sécurité dans les eaux du détroit d’Hormuz. Elles préviennent les navires en circulation : durant les combats du 28 février au 8 avril, il pourrait rester différents types de mines antinavires dans les principales routes maritimes du golfe Persique et du détroit ; les navires doivent suivre les itinéraires officiellement publiés jusqu’à nouvel avis. La menace des mines réduit encore davantage la marge de manœuvre des navires pour faire des détours de leur propre initiative.

Trump lance « ouverture sans limites », l’Iran n’en tient pas compte

Les positions de Washington et de Téhéran diffèrent nettement. Trump s’est exprimé publiquement : il demande que le détroit soit « ouvert sans limites », y compris sans percevoir de frais ; la Maison-Blanche continue aussi d’afficher à l’extérieur sa volonté de promouvoir la liberté de navigation. Cependant, d’après le Wall Street Journal, l’Iran n’a, jusqu’ici, montré aucune intention de relâcher.

À noter : Trump avait auparavant laissé entendre qu’il envisageait de créer avec l’Iran une « entreprise commune » pour gérer ensemble les péages du détroit. Cette idée a ensuite été atténuée par la Maison-Blanche, mais les inquiétudes du public quant à une ligne rouge de négociation du côté américain ont déjà refait surface. Des médiateurs indiquent que, en elle-même, la structure de l’accord de cessez-le-feu offre objectivement une marge de légitimité aux revendications de l’Iran en matière de péage.

Les pays producteurs de pétrole du Golfe et les pays consommateurs d’Europe et d’Asie partagent le même choc

Le Wall Street Journal souligne que la possibilité d’une intervention permanente de l’Iran dans la gestion du détroit d’Hormuz met profondément mal à l’aise les pays producteurs de pétrole du Golfe qui dépendent de l’exportation d’énergie via ce détroit, ainsi que les pays consommateurs en Europe et en Asie qui dépendent de ces approvisionnements. Des analystes avertissent que, si le dispositif de contrôle actuel se poursuit, le prix du pétrole court le risque de grimper jusqu’à 120 à 200 dollars le baril.

Le reportage met en avant la logique profonde de cette crise : l’Iran est en train de transformer une guerre en un levier de pression durable, tout en ouvrant une nouvelle voie de revenus. La cessation des hostilités n’est peut-être pas une fin, mais plus probablement le point de départ d’une nouvelle série de négociations.

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