L'indice PMI de la zone euro chute à son plus bas niveau en 10 mois, la guerre en Iran déclenche une alerte de stagflation, la BCE face à un dilemme

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La guerre au Moyen-Orient se poursuit, et les signes de pression sur l’économie de la zone euro deviennent de plus en plus évidents. S&P Global a publié mardi un indice PMI composite de la zone euro pour mars, qui a chuté à 50,5, en forte baisse par rapport à 51,9 en février, atteignant son niveau le plus bas en 10 mois, et inférieur à la prévision de 51,0 des économistes interrogés par Reuters.

Les coûts des entreprises atteignent un niveau record en trois ans, la chaîne d’approvisionnement étant de plus en plus perturbée

Chris Williamson, économiste en chef chez S&P Global, a déclaré que ces données PMI « sonnent l’alarme d’une stagflation ». La guerre en Iran a fait grimper les prix de l’énergie et a interrompu la chaîne d’approvisionnement, ce qui a entraîné la hausse la plus rapide des coûts des entreprises en plus de trois ans. Les retards de livraison des fournisseurs ont atteint leur niveau le plus élevé depuis la mi-2022, principalement en raison des perturbations dans le transport maritime. Les entreprises de la zone euro ont également réduit légèrement leurs recrutements en mars, et la direction est plus pessimiste quant aux perspectives de production pour l’année.

Selon l’indicateur des prix dans l’enquête PMI, l’inflation pourrait accélérer pour atteindre près de 3 %. Williamson a averti : « La pression sur les coûts pourrait continuer à faire augmenter les prix à la consommation dans les mois à venir », et la Banque centrale européenne (BCE) n’est « plus dans une position favorable ».

Dernières prévisions de la BCE : croissance limitée à 0,9 % en 2026, inflation à 2,6 %

Les dernières prévisions publiées la semaine dernière par la BCE montrent que la croissance économique de la zone euro en 2026 ne sera que de 0,9 %, avec une inflation moyenne de 2,6 %. La deuxième trimestre, l’inflation devrait atteindre 3,1 % en raison de l’impact des prix de l’énergie. Cependant, plusieurs analystes estiment que ces prévisions restent trop optimistes, la durée du conflit au Moyen-Orient étant la principale incertitude.

Raphael Brun-Aguerre, économiste chez JPMorgan, a indiqué que l’impact des prix de l’énergie a déjà nui à la rentabilité des entreprises et affecté la demande et la production globales, « la confiance des entreprises étant gravement affectée ». Les données de confiance des consommateurs publiées la semaine dernière par la Commission européenne montrent également une forte baisse de la confiance en mars.

Von der Leyen : la crise énergétique est devenue une « urgence » et appelle à des négociations immédiates

Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a déclaré mardi matin que, compte tenu de la « gravité de l’urgence » de la crise énergétique mondiale, il était temps d’engager des négociations avec l’Iran. Elle a souligné que le monde entier ressentait l’impact de la flambée des prix du pétrole et du gaz, mais que la solution devait passer par la négociation pour mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient.

La stagflation est considérée comme le « pire scénario » économique, plaçant les banques centrales face à un dilemme : augmenter les taux pour freiner l’inflation, ce qui pourrait également freiner une croissance déjà faible ; ou baisser les taux pour stimuler l’économie, ce qui risquerait d’accroître l’inflation. La zone euro se trouve actuellement à ce croisement, et la fin du conflit au Moyen-Orient déterminera si l’Europe pourra échapper à cette impasse.

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