La Commodity Futures Trading Commission (CFTC) des États-Unis a dévoilé de nouvelles directives pour le marché en pleine expansion des dérivés basés sur la prédiction. Jeudi, la division de la surveillance du marché de l’agence a publié un avis détaillant les exigences réglementaires pour les bourses cotant des contrats basés sur des événements, qui sont des instruments financiers permettant aux traders de spéculer sur le résultat d’événements réels.
Cette initiative proactive de l’agence fait suite à la « montée en popularité » des marchés de prédiction sur de nombreuses plateformes d’actifs numériques et de dérivés traditionnels. Ainsi, la CFTC cherche à encourager la croissance et l’innovation du secteur tout en clarifiant la manière dont ces contrats doivent être supervisés et contrôlés conformément aux lois sur les matières premières.
Dans le cadre des exigences réglementaires, la CFTC rappelle aux bourses proposant des marchés de contrats d’événements qu’elle détient l’autorité exclusive pour déterminer qu’un contrat d’événement n’est pas approprié pour le public s’il est lié au terrorisme, au meurtre, à la guerre ou à d’autres vices similaires. La Commission ne cotera pas ces contrats ni ne les mettra à disposition pour le trading via une entité enregistrée.
Les marchés de contrats désignés (DCMs) sont donc tenus de surveiller en temps réel toutes les activités de trading sur leurs plateformes afin de détecter toute dysfonction ou activité de trading incohérente. En cas d’identification de tels problèmes, les DCMs doivent suivre les réglementations de l’agence, ce qui peut impliquer l’extraction de données des traders et l’application de mesures disciplinaires ou d’autres procédures recommandées.
L’avis de la CFTC réaffirme la position de longue date de l’organisme contre les pratiques illégales telles que l’utilisation de dispositifs, schémas ou technologies visant à escroquer autrui ou à manipuler les prix des contrats cotés en bourse.
Un aspect critique de la fraude sur le marché des actifs numériques est le délit d’initié, qui consiste à utiliser des informations confidentielles pour obtenir un avantage injuste et réaliser des profits sur le marché. Le régulateur des matières premières avertit qu’il « conserve l’autorité d’enquêter et d’engager des actions civiles en cas de telles activités ».
Avant de proposer un nouveau produit à des fins de formation, une bourse doit fournir à l’agence une certification écrite attestant que le contrat est conforme à la loi sur les échanges de matières premières (Commodity Exchange Act) et à d’autres exigences réglementaires. Alternativement, elle peut demander l’approbation préalable de la Commission pour le contrat.
Dans tous les cas, les DCMs doivent inclure certaines informations sur le contrat, notamment ses termes et conditions, ainsi qu’une explication et une analyse complètes de la conformité du contrat avec les dispositions de la loi sur les échanges de matières premières, y compris ses 23 principes fondamentaux et les règlements de la Commission.
De plus, l’agence a précisé des exigences spécifiques de cotation pour certains contrats d’événements, comme ceux liés au sport, qui peuvent « impliquer la participation » de ligues sportives professionnelles et d’organismes de gouvernance. Les DCMs sont donc invités à consulter adéquatement ces organismes, à appliquer des normes et à établir un partage d’informations si nécessaire.
L’avis du personnel de la CFTC s’inscrit dans la volonté de l’agence de faciliter la consolidation des marchés de prédiction en apportant de la clarté et en bloquant les attaques juridiques contre ce secteur en croissance.